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SYNOPSIS et TEXTES du FMDD à Ouagadougou -
Burkina Faso
du 9 au 11 octobre
2009
. Synopsis de Guy
Burgel Professeur à l'Université Paris
0uest-Nanterre La Défense fondateur du Laboratoire de Géogaphie
Urbaine
La mobilité, révélateur et moteur, ou incubateur de
développement
En ce temps de crise mondiale, financière, économique, sociale et écologique,
la mobilité n'a pas bonne presse. A toutes les échelles géographiques, elle
traduirait les déséquilibres de la planète et les aggraverait. Le tableau dressé
est souvent sombre. Les migrations, notamment clandestines, du Sud vers le Nord,
revêtent l'aspect le plus dramatique de ces mouvements et de leur perception,
par les souffrances et les pertes engendrées chez les populations, et l'accueil
de plus en plus incertain qui leur est fait dans les pays riches. L'exode rural
dans les nations les moins développées désertifie les campagnes vivrières,
surcharge des villes tentaculaires et trop peu productives. Et partout, les
militants du développement durable prônent la réduction des mobilités des hommes
et des choses, pour restreindre les consommations d'énergie et les émissions des
gaz à effet de serre : rapprochement emploi/résidence, productions alimentaires
dans les zones proches des bassins de vie, retour à des réseaux de distribution
de proximité. La mode est donc, sinon au protectionnisme et à l'autarcie des
territoires, du moins à l'assagissement raisonné des mobilités.
L'objectif de la communication est de revisiter de façon critique ces
réalités et leurs représentations. Une conviction et une hypothèse l'inspirent :
historiquement, la mobilité, spatiale et sociale, des individus comme des
groupes, a toujours accompagné le progrès matériel et moral des sociétés ;
logiquement et chronologiquement, si toute mobilité traduit le déséquilibre,
économique, écologique ou politique, réel ou ressenti par les intéressés, et la
recherche d'un mieux-être, il est souvent plus efficace de tirer profit de ces
logiques que de combattre frontalement leurs résultats.
Deux thématiques particulières seront abordées pour illustrer cette
problématique :
- les migrations extra africaines, avec un essai de mesure de leur
impact démographique et économique ; que représentent-elles par rapport à
l'explosion de la population sur le continent ? quel est leur apport
financier pour les habitants et les Etats : appauvrissement ou soutien de
la croissance ? des comparaisons avec des précédents dans le bassin
méditerranéen seront esquissées ; - l'exode rural, à la fois comme
témoin des disparités territoriales et culturelles, et acteur possible de
développement interne par l'amélioration des niveaux de vie, de la santé, et de
l'éducation des sociétés nationales et locales.
Finalement, c'est une manière de réaffirmer, qu'en Afrique comme ailleurs, le
développement durable, nécessaire, est inséparable du développement économique,
et que la mobilité peut en être une pièce maîtresse.
. Synopsis de Dieudonné OUEDRAOGO
Directeur de l'Institut Supérieur des
Sciences de la Population.
Les migrations et leurs implications environnementales et
socio-politiques en Afrique de l'Ouest : bilan et prospective
L'Afrique de l'Ouest est la région africaine où les mouvements
migratoires sont non seulement les plus intenses mais comportent également
en grande part de migrations familiales liées à la recherche de nouvelles
terres de cultures et de pâturages aussi bien au niveau national que régional.
On est par conséquent en droit de se demander si les changements climatiques en
cours n'y entraîneront pas, comme ce fut le cas par le passé au
Sahara, une intensification encore plus forte de ces mouvements migratoires avec
tout ce que cela pourrait avoir comme implications environnementales et
socio-politiques en termes notamment de décompositions et de recompositions des
espaces nationaux et sous-nationaux eu égard au contexte actuel et à celui tout
au moins des deux décennies à venir du faible niveau de développement
technologique de la région.
L'objectif de la communication est de faire, à partir d'une revue de la
littérature, l'état des lieux des migrations internes, intra-régionales et
extra-régionales de l'Afrique de l'Ouest et d'en analyser et d'en explorer
respectivement les tendances passées et futures et leurs implications. Il s'agit
aussi et surtout d'inviter ainsi d'une part la communauté scientifique à
s'investir davantage dans ce champ de recherche et d'autre part les décideurs à
adopter dès maintenant une posture d'anticipation et de prospective politique,
stratégique et programmatique en la matière.
. Synopsis d'Annie
BEKA
GESTION ET PRESERVATION DE L'ENVIRONNEMENT AU GABON : CAS DES
PARCS NATIONAUX, BILAN ET PERSPECTIVE.
Le réseau des parcs nationaux du Gabon bénéficie, pour son développement, de
nombreux atouts : un capital biologique exceptionnel allant de pair avec un fort
potentiel touristique, et surtout l'attention manifestée par la communauté
internationale et l'intérêt que commencent à porter certains concessionnaires
forestiers à la gestion durable des forêts dans les zones périphériques des
aires protégées. Ces atouts ne sauraient toutefois suffire pour assurer la
pérennité de ce réseau d'aires protégées, plusieurs contraintes et obstacles
pouvant ralentir le développement de ce nouveau secteur d'activités. Trois
menaces majeures peuvent entraver ce développement, notamment la compétition
pour l'utilisation des terres, une trop grande attente de retombées économiques
assorties du désengagement des partenaires financiers et une tendance générale
au Gabon à privilégier le court terme à tous les niveaux de responsabilité.
Toutes ces raisons font courir un risque important pour l'avenir de ces parcs
que leur création toute récente n'a pas encore permis de consolider. Notre
intervention s'attellera à faire un état des lieux du projet et ensuite faire
des propositions afin que ce projet soit viable et porteur aussi bien sur le
plan social qu'économique.
. Synopsis de Babacar
CISSE
L'intervention du Représentant Résident du PNUD lors du Forum Mondial
du Développement Durable de Ouagadougou portera essentiellement sur l'Afrique et
sera axée sur les points suivants, à savoir :
" Que l'Afrique est une des régions du monde les plus vulnérables aux
effets des changements climatiques, dû à la fragilité de ses écosystèmes ainsi
que la situation socio-économique et politique du continent. " Les
changements climatiques, sans une action coordonnée et concertée, risquent
d'éroder les gains en matière de développement et d'affecter l'atteinte des
Objectifs du millénaire pour le Développement (OMD). " La nécessité de
déployer des efforts d'harmonisation et de coordination de la lutte des pays
Africains, pour présenter un front commun afin que leurs préoccupations soient
adressées dans le débat sur les changements climatiques, notamment en
préparation à la COP 15 à Copenhague en Décembre 2009. " L'adaptation
aux changements climatiques est reconnue comme une priorité dans cette région
vulnérable et les actions d'atténuation considérées comme une opportunité grâce
au grand potentiel de l'Afrique dans ce domaine. Dans cette perspective,
il est important de mettre l'accent sur l'articulation changements climatiques
et développement durable, en abordant d'une manière plus efficace les
problématiques et approches pertinentes pour le continent, en termes de
stratégies, de développement de capacités et de modes de financement.
. Synopsis de Marc MENGUY & Roland
LIN
Les relations entre
l'Europe/France et l'Afrique ne cessent de progresser dans un contexte global et
stratégique, recouvrant toutes formes d'une coopération étroite -
institutionnelle et non gouvernementale - dans les domaines les plus cruciaux
touchant au développement du continent africain.
De même peut-on constater depuis les années 90 une progression des liens
entre l'Asie en général - y compris les pays émergents les plus engagés ans
toutes les formes de développement, avec en outre, comme en Europe et en
Afrique, la prise en compte des facteurs de risques et des menaces pesant sur
les équilibres régionaux et mondiaux : changement climatique - affectant
dangereusement toutes les parties de ce continent -, la pollution …les
effets sur les plans humains de la pauvreté, de la sous- éducation, de l'absence
de repaires dans les domaines de l'organisation sociale et des coopérations
subrégionales. . Des politiques publiques y sont menées, ayant valeur
d'expériences comme l'urbanisation systématique et sans- précédent au
niveau mondial des populations en Chine, considérée comme facteur essentiel
d'accélération de développement.
Afrique-Asie, Afrique-Europe sont donc deux dimensions qui sous-tendent
certes d'énormes potentialités au service du développement du continent
africain.
Notre proposition, originale à tous égards, tendrait à saisir
l'occasion de ce forum pour reconnaître - en l'introduisant formellement -
l'existence factuelle d'une troisième dimension - le rapport
Afrique-Europe-Asie - avec pour résultat de conforter entre les
trois continents africain, asiatique et européen, une relation triangulaire
chargée de toutes les potentialités, chaque dimension de ce triangle ayant pour
effet de magnifier les deux autres dans une forme nouvelle de
complémentarité.
. Synopsis de Patrice HERNU
Visant à permettre valorisation régionale (africaine) des ressources
" critiques " du développement durable dont, a contrario, l'Afrique est encore
riche sans pouvoir les exploiter dans des conditions de " soutenabilité
équitable "
Les déficits des nations les plus développées débouchent en fin de compte
sur un déficit de l'énergie et des matières premières nécessaires à leur
croissance telle qu'elle s'exprime actuellement. Dès lors, pour assurer la
sécurité des ressources, il ne faut pas déconnecter les aspects financiers et
monétaires des questions concernant le climat et l'énergie. Certaines
ressources du continent africain deviendront " rares " ou " critiques " dans les
années à venir alors que les marchés régionaux ne permettent pas encore de
donner les signaux utiles à leur préservation. Ces biens qui impactent soit la
soutenabilité future de l'économie à l'échelle mondiale, soit son développement,
ne sont donc pas estimés à une valeur équitable. Du coup, ils font l'objet de "
prises de position " ne respectant pas les termes de l'échange tels qu'ils
pourraient être actualisés sans asymétrie d'information. Les Etats africains ont
également le sentiment que leur adhésion aux stratégies internationables du
développement durable se feraient à leur détriment relatif même si un bénéfice
de court terme leur est parfois proposé à travers des financements à horizon
trop limité. Ces ressources sont d'ordre divers : le carbone, tant sous la
forme fossile que biologique, dans les forêts et l'humus des sols, l'eau
et les matières premières appelées soit à se raréfier soit à ne plus satisfaire
la demande mondiale. Dès lors, il paraît logique d'affirmer que réguler la
finance à l'échelle mondaile comme à l'échelle continentale, exige que ces
ressources soient valorisées à un juste prix et soient soustraites à la
volatilité source de spéculations qui découragent les investissements. Il
semble donc utile que le continent africain se dote d'institutions régionales
: - Fixant les règles d'introduction des ressources dans le registre de
la " soutenabilité critique " assurant ainsi un rôle de décèlement précoce des
éléments critiques de la soutenabilité ; - Ayant les moyens d'intervenir
sur les marchés concernés ; - Et dotés des instruments utiles à une
valorisation transmissible.
Cette intervention se propose : - D'une part, de faire un inventaire
prospectif de ces ressources pour montrer l'intérêt d'une telle démarche
: - D'autre part, de montrer que des voies existent pour stabiliser puis
monétariser la garantie apportée durablement aux Etats concernés.
Quelques pistes : " Fixer des critères d'admissibilité des règles
claires " Valoriser les stocks de ressources critiques " Tendre
vers une monétarisation de référence la plus stable
possible. " Instituer une banque régionale de compensation de ces
ressources. " Négocier des dispositifs de régulation des quantités mises
à la disposition de l'économie pour arbitrer entre préservation du climat et du
patrimoine, développement et financement des alternatives
futures. " Poser le principe que les monnaies de réserves des Etats
Africains puissent en partie s'appuyer sur des formes de valorisations de ces
ressources en échange de leur adhésion à un pacte international de
durabilité. " Fixer le cadre, coordonner et légitimer des Fonds
régionaux de développement. " Lancer un " Globa-local Round " pour fixer
dans quelle mesure, les formes locales et régionales de microcrédit pourraient
être intégrées à cette monnaie-matière première. " Mettre en place un
système de mesure et de surveillance des ressources naturelles, du niveau des
ressources et des services rendus par les écosystèmes concernés de manière à
connaître avec précision, leur contribution économique à la satisfaction des
besoins à moyen et à long terme. " Normaliser les méthodes d'évaluation
des services des écosystèmes et des ressources naturelles " Identifier
au sein du PIB des Etats africains l'impact, en tant que projection
économique des éléments " non durables " de l'activité économique liée à ces
éléments critiques " Concerter les politiques régionales concertées qui
réduisent l'incitation au développement d'activités économiques impactant
durablement le capital naturel de base et encouragent ceux qui contribuent à le
préserver, voire à le développer. " Développer de nouvelles industries
fondées sur la gestion durable des ressources critiques et les services rendus
par les écosystèmes. " Refonder les processus financiers en appui du
co-développement. " Légitimer les "contreparties" par la création de
garanties reposant sur le rétablissement des services des écosystèmes et la
bonne gestion des ressources naturelles.
. Synopsis de Jean-Claude NDONG
MBA
PERTURBATIONS CLIMATIQUES ET SANTE DES POPULATIONS DANS LES QUARTIERS
INFORMELS DE LIBREVILLE : CONSTATS, ENJEUX ET PERSPECTIVES.
Les changements climatiques constituent une nouvelle menace importante pour
la santé publique. A tous les niveaux, ce sont ceux qui ont peu de
moyens qui sont les premières victimes des effets prévisibles des changements
climatiques : les pays africains plus que les occidentaux, les pauvres plus que
les riches à l'intérieur des Etats. La variabilité du climat est à
l'origine de plusieurs cas de décès et des maladies. En effet, L'érosion des
sols, la pollution, les inondations pour ne citer que ceux-là sont des fléaux
qui menassent directement la vie des hommes sur la terre. A Libreville, les
populations qui sont le plus régulièrement touchées par les manifestations des
risques naturels sont pour la plupart pauvres et se localisent dans les
quartiers dits " matitis " ou " sous intégrés ". Ces quartiers sont érigés
sur les plateaux incisés par l'érosion ou sur les pentes raides et les zones des
bas-fonds où surtout les équipements sont quasiment inexistants. Pour prévenir
les effets induits des changements climatiques au Gabon, il importe de définir
un certain nombre de solutions.
Solutions
Les catastrophes naturels apportent non seulement la menasse de maladies
parasitaires et contagieuses mais elles menacent aussi la vie des populations
affectées par la malnutrition à cause de l'augmentation des prix de
l'alimentation et pourtant ces risque peuvent être évités ou atténuer. Pour
cela, des mesures adéquates ci après sont envisageables, notamment une gestion
efficace des effets des inondations doit être mise en place. Ces mesures doivent
être dans un premier temps:
-L'identification des zones à risque -La prévention des maladies
infectieuses qui surviennent après l'inondation. - La planification de
l'utilisation des zones à risque. Ces risques peuvent être gérés par
l'utilisation des structures protectrices.
Et ensuite : " Les initiatives actuelles des
pouvoirs publics doivent intégrer des questions relatives aux effets de
changements climatiques et de santé humaines notamment en mettant en place le
système d'informations sur les catastrophes naturelles. " Les risques
liés à la fréquence ou l'intensité des inondations peuvent en être gérés par
l'élaboration de la part de l'Etat de plans d'intervention d'urgence et de
système d'alerte rapide, ainsi que la mise en œuvre du contrôle des sites ou
quartiers vulnérables. De plus, la mise sur pied d'assurance et de dispositions
compensatoires au bénéficie des potentiels victimes des catastrophes naturelles
sont nécessaires. " L'Etat Gabonais, lors des conférences budgétaires
doit prévoir une dotation permettant d'assister les personnes
nécessiteuses… " Le Ministère en charge de la gestion des effets des
catastrophes naturelles doit examiner et ajuster les infrastructures publiques
afin de veiller à la sécurité des populations. Il s'agit ici de renforcer ou de
créer les canaux d'évacuation des eaux de pluie, d'effectuer les travaux de
stabilisation des terrains se situant dans des zones à risque. " Le
Ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme doit améliorer les procédures en
matière d'acquisition foncière et de la pratique de l'urbanisme au Gabon.
D'autres mesures seront évoquées lors de mon intervention et pourront être
discutées en session. Je me tiens à votre disposition pour d'éventuelles
suggestions et rajouts.
. Projet de communication de Jean Claude
NDONG MBA , Université Omar BONGO
Libreville "Impact de l'urbanisation sur
le cadre de vie des villes africaines : cas de Libreville (Gabon)
"
La transformation majeure de certains Etats africains depuis leur
accession à l'indépendance en 1960 réside essentiellement dans leur
urbanisation. Certes, la plupart de leurs villes ont été créées relativement
récemment(époque coloniale), mais leur croissance s'est brutalement accélérée au
cours des trois dernières décennies consécutivement aux multiples
investissements publics et privés consentis, au point d'entraîner de grandes
mutations socio spatiales et de graves déséquilibres
territoriaux.
Au Gabon, où l'armature urbaine démontre la faiblesse répétée des villes
moyennes et petites, Libreville, sa capitale, avec ses 800.000 habitants
dus à son important spectre d'attraction, connaît depuis plusieurs années
de nombreux dysfonctionnements dont les principaux sont : - une hyper
concentration démographique entraînant la prolifération des quartiers non
structurés, caractérisés par des constructions sommaires souvent à l'origine de
la déforestation ou du déboisement des espaces naturels, mais aussi la
production excessive et les dépôts anarchiques d'ordures ménagères dans des
zones inaccessibles ; - une croissance exponentielle des activités
économiques mal maîtrisée et donc génératrice de nuisances environnementales
; - un faisceau de pesanteurs sociologiques agissantes se manifestant,
chez un grand nombre de librevillois issus des migrations interrégionales, par
des pratiques spatiales peu orthodoxes qui menacent quotidiennement les
équilibres écologiques de la ville.
A Libreville, en l'absence d'un plan d'urbanisme, environ 80% de logements
auto construits sont situés dans des quartiers sous intégrés et les proportions
de l'habitat précaire oscillent entre 8et 40% dans le reste des quartiers
résidentiels. Du fait de l'enclavement de bon nombre de ces quartiers, il se
pose d'énormes problèmes de ramassage des ordures ménagères. De même, le
développement des activités commerciales stimule l'accroissement du tonnage des
déchets urbains à un point tel que les gaz nocifs provenant des décharges
sauvages et municipales deviennent insupportables. La transformation du bois, à
la hauteur des besoins de constructions de la population et des opérateurs
économiques, induit de grandes consommations d'espaces forestiers environnants.
L' exportation de bois provenant de la région de Libreville en 2000 représentait
2,5 millions de m3 et 13% des exportations globales.
Face à ces différentes menaces qui sont autant de défis à relever pour
garantir le développement durable de la société urbaine, notre communication
proposera, dans le but de laisser entrevoir quelques opportunités de changement,
que l'on oriente les discussions en atelier vers quatre directions essentielles
:
1)-définition de la ou des politiques d'aménagement du territoire cohérentes et
opérantes susceptibles de rétablir les équilibres démographiques entre régions (
notamment entre campagnes, petites villes, moyennes villes et Libreville la
capitale)
;
2)-envisager le principe d'un plan d'intervention de l'Etat dans les domaines
des infrastructures et des logements sociaux respectueux des normes écologiques,
et dans celui de l'éducation des citadins en vue de la prévention des pratiques
spatiales déviantes
;
3)- réformes institutionnelles en vue de l'actualisation de la réglementation en
matière d'aménagement
;
4)-suggérer dans le cadre de la préservation de l'environnement le recours
à certaines techniques traditionnelles pratiquées dans les villages gabonais, à
l'exemple de l'aménagement derrière chaque case d'un petit verger et d'un fumier
destiné à le nourrir. Les espaces verts ainsi créés de façon répétitive à
l'échelle de tout le territoire pourraient ainsi contribuer à aérer le tissu
urbain et à dépolluer autant que faire se peut l'atmosphère.
Rien ne permet de comprendre en effet que des populations rurales,
parfaitement respectueuses de l'environnement dans leur milieu d'origine, se
transforment en véritables fossoyeurs de l'ordre urbain dans les villes
africaines. Ici, comme ailleurs, on devrait parvenir à terme à un équilibre
quasi permanent entre les exigences de l'environnement, les nécessités
économiques et les besoins de la société.
. Synopsis de Roland
POURTIER
Développement durable en Afrique sahélo-soudanienne
Ressources naturelles, aires protégées,
mobilités
Entre l'Océan Atlantique et la cuvette du Tchad, entre le Sahara
et les forêts tropicales des régions proches du golfe de Guinée, les pays
sahéliens et soudaniens présentent de multiples points communs dans l'ordre de
la nature, de la culture, des défis du développement. Le Burkina Faso
occupe une position centrale dans ce vaste ensemble qui s'étend sur 4.500 km
d'ouest en est et 1.000 km du nord au sud, couvrant une superficie
d'environ 4,5 millions de km2. Les seuls pays du CILSS comptent 60
millions d'habitants et devraient en totaliser près de 100 millions en 2025. Les
populations habitant dans les parties septentrionales soudaniennes des Etats
ouverts sur le golfe de Guinée (Guinée, Côte d'Ivoire, Ghana, Togo, Bénin,
Nigeria, Cameroun) doublent au moins ce chiffre : en prenant une fourchette
large, entre 120 et 150 millions d'Africains (et entre 200 et 250 millions en
2025) vivent dans les milieux d'Afrique de l'Ouest caractérisés par un climat
tropical à saisons alternées et sont confrontées à la rareté saisonnière de
l'eau. Même s'il existe un continuum entre Sahel et Soudan, les deux
sous-ensembles ne subissent pas les mêmes contraintes : Le Sahel,
généralement défini comme la zone comprise entre les isohyètes 200 et 600 mm,
occupe une position de transition entre agriculture sous pluie, possible à
partir de 400 mm de précipitation, et nomadisme pastoral. C'est un ensemble très
vulnérable, exposé au risque climatique et au stress hydrique. Sécheresses et
crises alimentaires (disettes et famines) rythment son histoire ; la
région paraît aujourd'hui engagée dans un processus d'aridification lié au
réchauffement climatique global. L'accès à la ressource en eau est au centre des
stratégies de développement. La zone soudanienne offre des conditions
beaucoup moins contraignantes. Les précipitations plus abondantes (600-1200 mm)
et mieux réparties au cours d'une saison des pluies de 4 à 5 mois épargnent
cette Afrique des savanes des catastrophes climatiques. Les paysanneries
soudaniennes n'en connaissent pas moins de fortes contraintes environnementales
(fragilité des sols, érosion), techniques (outillage rudimentaire, énergie
humaine encore prépondérante), sociales (insécurité foncière aggravée par la
pression démographique), économiques (accessibilité aléatoire au marché
intérieur, concurrence internationale faussée par les subventions des pays du
Nord).
Une Afrique paysanne L'Afrique
sahélo-soudanienne est d'abord une paysannerie. L'agriculture et l'élevage
constituent le socle du développement durable. La représentation "
afropessimiste " couramment véhiculée selon laquelle les campagnes africaines
sont affectées par la dégradation des sols, la désertification, la
déforestation, conduisant à une baisse inéluctable des rendements ne correspond
pas à une réalité fort éloignée du catastrophisme médiatique. Les
paysanneries de l'Afrique soudanienne ont élaboré des méthodes de culture
leur permettant d'intensifier la production sans recours massif aux engrais
chimiques ou pesticides dont les effets nocifs sur l'environnement et la santé
humaine ne sont plus à démontrer. Parmi ces techniques à mettre au crédit d'une
gestion écologique raisonnée (appliquée bien avant l'apparition du concept de
développement durable), l'association de l'arbre a l'agriculture a depuis
longtemps fait ses preuves. Les faidherbia albida enrichissent le sol en azote
et fournissent un complément alimentaire au bétail en saison sèche ; les karités
et les nérés contribuent à stabiliser le sol tout en fournissant d'utiles
compléments alimentaires, pour ne citer que ces espèces très répandues dans
toute la zone soudanienne, notamment au Burkina Faso. La culture sur
buttes (pour l'igname notamment), les pratiques d'écobuage, les
micro-aménagements anti-érosifs témoignent d'un savoir-faire paysan qu'il
conviendrait de mieux valoriser dans l'élaboration des politiques de
développement qui ont trop souvent privilégié les modèles techniques importés
sans tenir compte des savoirs vernaculaires et des pratiques éprouvées des
sociétés paysannes. Le développement durable reste un vain mot s'il
ne s'ancre pas dans la réalité sociale et culturelle des populations. Celles-ci
par ailleurs, loin d'être figées, sont ouvertes aux innovations comme en atteste
le succès d'arbres introduits par l'administration coloniale, en particulier les
manguiers et les nems, ou l'adoption de la culture attelée. L'Afrique
sahélo-soudanienne se confond avec l'Afrique des mils - petits mils et sorghos-
base d'une alimentation à forte composante culturelle (la consommation partagée
de la " boule de mil " accompagnée d'une sauce aux légumes, au poisson ou à la
viande participe d'une convivialité toujours vivante, même si
l'urbanisation en altère la pratique). Afrique des mils, elle est aussi l'
" Afrique des greniers ", très différente en cela de l'Afrique centrale
forestière. La nécessité de conserver les céréales en assurant les besoins
alimentaires d'une récolte à l'autre tout en préservant la part destinée à la
semence structure le temps, impose une gestion prévisionnelle, une prise en
compte du futur qui est un des fondements culturels du capitalisme. Et
prédispose à la compréhension et à l'appropriation des principes du
développement durable. A l'échelle locale, l'autorité des chefs se
fonde sur leur fonction de gestionnaire des greniers. A une échelle plus vaste,
un pouvoir d'Etat a pu émerger grâce à la possibilité de stocker des denrées de
longue conservation prélevées sur la paysannerie (tribut, impôt, opérations
guerrières). Ce n'est pas un hasard si les grands empires ouest-africains
(Ghana, Mali, Songhaï) et les royaumes comme les royaumes Mossi du Burkina Faso
se sont épanouis à la faveur de ces environnements. La mémoire de ce passé
glorieux, entretenue par les griots et aujourd'hui valorisée par les travaux des
historiens remplit une fonction essentielle dans la construction des identités.
Que deux Etats contemporains (Ghana et Mali) se soient rebaptisés en restituant
au passé ses lettres de noblesse n'est pas neutre. La substitution de Burkina
Faso (" pays des hommes intègres " à l'ancienne dénomination de Haute Volta,
relève de la même rupture symbolique avec l'héritage de la colonisation qui en
naturalisant l'espace à coup d'hydronymes en avait gommé les fondements
historiques, sociaux et culturels.
Dans l'Afrique sahélo-soudanienne, les cultures d'exportation
représentent une source de devises importante, souvent la première. Le coton
vient largement en tête, devant l'arachide. La cotonculture pose toute une série
de questions relatives au développement durable Il s'agit d'une
culture paysanne qui fait vivre plusieurs millions d'agriculteurs. Bien qu'elle
ne représente que 5% de la production mondiale, elle est essentielle pour les
économies de plusieurs pays ouest-africains dont le Burkina Faso où le coton
représente plus de 50% de la valeur des exportations. La culture du coton,
rarement en monoculture, est pratiquée en rotation avec le mil et en tête
d'assolement de sorte que les céréales bénéficient de l'effet arrière des
engrais apportés au champ de coton. L'association culture vivrière, culture de
rente, répartit les risques et favorise la résilience des sociétés paysannes en
temps de crises économiques.
En dehors des forêts-galeries qui pénètrent dans les zones de savane et
hébergent les mouches tsé tsé, l'Afrique sahélo-soudanienne est épargnée par la
trypanosomiase. C'est un avantage par rapport à l'Afrique forestière car la
possibilité d'associer l'élevage du gros bétail à l'agriculture représente un
important facteur d'intensification (fumure et traction animale). La séparation
entre pasteurs et agriculteurs, souvent source de conflits, vaut surtout pour le
Sahel, car dans la zone soudanienne les systèmes agro-pastoraux prédominent
largement, les oppositions entre populations réputées vouées, les unes à
l'élevage transhumant, les autres à l'agriculture sédentaire, n'étant plus aussi
tranchées qu'autrefois. Les politiques placées sous le signe du développement
durable doivent tenir compte de ces dynamiques pour être en prise avec le
présent.
L'eau et les défis de l'agriculture A la
différence de l'Asie tropicale, l'irrigation est très peu développée en Afrique
de l'Ouest. L'agriculture sous pluie l'emporte de loin, avec sa production
saisonnière, alors que les températures constamment élevées permettraient de
cultiver toute l'année. Le facteur limitant c'est l'eau. L'absence de maîtrise
de l'eau dans les systèmes de production traditionnels caractérise toute la
région. La nécessité d'accroître la productivité pour faire face à une demande
qui augmente au rythme de la croissance démographique et de l'urbanisation,
donne à la question de l'eau une importance cruciale. Quelles sont les
ressources, eaux de surface et eaux souterraines ? Quelles technologies mettre
en œuvre ? Comment faire en sorte que les agriculteurs s'approprient un progrès
technique aux conséquences sociales inéluctables car le jeu des acteurs se
trouve modifié, par le biais notamment de la sécurisation foncière. En
dehors de la culture principale de saison des pluies, des cultures de saison
sèche, dites de contre-saison se sont développées à proximité des cours d'eau
(cultures de décrue) ou dans les bas-fonds aux terres argileuses retenant
l'humidité le temps d'une culture. C'est ainsi que la culture du sorgho a
investi les zones humides jadis inexploitées, avec pour conséquence une
réduction des pâtures et des modifications écologiques défavorables à la faune.
Près des villes, si ce n'est dans les villes, le maraîchage constitue
une activité très importante destinée à l'alimentation des citadins. Mais le
puisage dans les nappes phréatiques n'est pas sans danger pour la santé lorsque
les nappes sont polluées faute d'assainissement. Le péril fécal lié à l'absence
de contrôle du cycle de l'eau concerne toute la région. Les
cultures irriguées ont constitué une pièce maîtresse des politiques coloniales
de mise en valeur : l'Office du Niger, créé en 1932, est l'archétype de ces
grands programmes qui n'ont pas donné les résultats escomptés (à la
différence de la Jazira au Soudan). La même chose pour le volet irrigation
de l'OMVS. D'une manière générale la greffe des projets techniques des
développeurs dans les sociétés paysannes a du mal à prendre. Ces débats étaient
déjà au cœur d'un colloque organisé en 1978 à Ouagadougou sur le thème : "
Maîtrise de l'espace agraire et développement : logique paysanne et rationalité
technique ". Des décennies d'expérimentation, de réussites et d'échecs montrent
qu'un changement technique ne peut réussir que dans une approche globale,
intégrant écologie, économie et société, ce qui définit précisément le
développement durable. Au Burkina Faso les aménagements destinés à
l'irrigation ont privilégié les petits barrages, ce qui correspond à la
répartition spatiale éclatée des ressources en eau, les deux grands barrages de
Bagré et de Kompienga étant surtout destinés à la production d'hydroélectricité.
Au total le pays compte plus de 650 barrages, du type barrage collinaire
constitués d'une digue en terre. De même que les tanks de l'Inde du sud, ces
réserves d'eau pallient les déficits éventuels de précipitation et
permettent une culture de saison sèche. Le modèle indien de la
révolution verte, fondé sur la sélection de variétés à haut rendement,
l'irrigation, l'utilisation d'intrants n'a pas connu un véritable succès en
Afrique. Certains agronomes préconisent une révolution " doublement verte ",
selon le concept développé par Grifon. La mine,
la ville : lieux de ruptures
Le secteur minier, bien qu'il connaisse actuellement un regain de dynamisme,
notamment dans l'exploitation de l'or au Mali (Satiola), au Sénégal, au
Burkina Faso pèse encore assez peu dans la formation du PIB. Le pétrole, produit
au Tchad depuis 2003, n'a pas eu les effets escomptés sur le développement, pas
plus qu'en Mauritanie, le plus récent des producteurs africains. Le Niger
regarde à son tour vers l'or noir : nouveau mirage ? Quoi qu'il en soit,
les perturbations économiques, sociales, politiques provoquées par l'injection
d'une manne pétrolière dans des économies peu développées soulèvent la question
de la " bonne gouvernance ", celle qui associerait le pétrole non plus à
une " malédiction " mais au développement. Le Burkina Faso n'a pas été
confronté à ces problèmes. Il convient toutefois de rappeler qu'à la Noël 1985,
les canons ont tonné à la frontière Mali-Burkina, à propos de l'imprécision du
tracé frontalier hérité de la colonisation dans la région dite de l'Agacher : il
s'agissait moins d'un problème de parcours de transhumants que d'enjeux miniers
dans un espace qui pourrait recéler de riches gisements de manganèse : les
discours sur le développement désormais qualifié de " durable " butent souvent
sur la Realpolitik. Le Burkina Faso en tout cas n'est pas devenu un
Etat minier et il reste en Afrique de l'Ouest celui où la part des produits de
l'agriculture et de l'élevage dans les exportations est la plus importante.
Raison de plus pour insister sur la dimension agricole du développement
durable.
Comme dans le reste du continent, le Burkina Faso s'urbanise à grands
pas. Ouaga 2000 n'est que le miroir prestigieux d'une urbanisation qui
signe la rupture avec un passé définitivement révolu et embarque la société tout
entière dans une évolution inéluctable dont la réflexion sur le développement
durable ne peut faire abstraction. L'Afrique de demain sera, comme partout,
urbaine. Dans l'immédiat elle est encore rurale : toute politique
responsable doit prendre en compte et cet état de fait et cette perspective.
" La terre est finie " : démographie et
ressources L'expression franco-burkinabé " la terre est
finie " résume on ne peut mieux les débats d'aujourd'hui. Les
représentations de l'Afrique ont longtemps donné l'image d'un continent
peu peuplé, qui, par suite laissait le champ libre à la faune sauvage. Ce n'est
plus le cas aujourd'hui : l'Afrique sahélo-soudanienne représente un des
ensembles les plus prolifiques du monde. Le nombre d'enfants par femme est
d'environ 6 ( 6,2 au Burkina Faso, 7,1 au Niger, record mondial). La population,
multipliée par 7 au cours du XXe siècle double actuellement en 25 ans. Il
s'ensuit que la pression sur la ressource - terre, eau, bois - est sans
cesse plus forte. Sur le plateau Mossi la saturation des terroirs est une cause
structurelle de migration. La pression porte aussi sur les ressources ligneuses
: des auréoles de déboisement s'observent autour des grandes villes. Le
Burkina Faso s'est doté en 1986 d'un Plan National de Lutte contre la
Désertification (PNLD) afin de remédier à la dégradation du couvert végétal, à
la diminution des ressources en eau, à l'appauvrissement des sols. Pour répondre
à la demande en bois de feu et en bois d'œuvre et protéger les espaces menacés
par l'érosion, des programmes de reboisement ont été mis en place. A côté des
espèces importées, principalement l'eucalyptus, le nem, le teck, les espèces
locales prennent une importance croissante (diverses variétés d'acacias dont le
gommier, baobab etc.). Le reboisement porte chaque année sur plusieurs milliers
d'hectares.
Les aires protégées Au carrefour des aires
sahéliennes soudaniennes et guinéennes, le Burkina Faso compte une grande
variété d'espèces animales. Les aires protégées, parcs naturels et réserves de
faune, couvrent environ 5% du territoire. L'Afrique de l'ouest dans son ensemble
ne peut pas rivaliser avec les pays d'Afrique orientale et australe qui ont
développé depuis longtemps une politique combinant protection et tourisme, mais
une prise de conscience de l'intérêt scientifique et économique des espaces
protégés est en train de s'imposer, avec le soutien de l'extérieur (Union
européenne, ONG internationales). Le Burkina Faso partage avec le Niger
et le Bénin le Parc national du W qui bénéficie d'un programme européen
d'aménagement. Au nord du pays, la grande réserve de faune dite du Sahel
n'existe encore que sur le papier. Le ranch de Nazinga, au sud de
Ouagadougou, représente la plus forte concentration d'espèces sauvages,
dont les éléphants, non seulement du Burkina Faso, mais probablement de toute
l'Afrique francophone. Les infrastructures d'accueil touristique sont encore peu
nombreuses, mais le potentiel faunistique devrait attirer des investissements
pour un développement d'un tourisme d'hiver (saison sèche). La bonne image du
Burkina Faso, la réussite du FESPACO à Ouagadougou, favorisent cette
dynamique.
Les mobilités : des espaces
migratoires L'Afrique sahélo-soudanienne est une terre de
mobilités, à toutes les échelles du local à l'international, et depuis
longtemps. Traversée depuis des millénaires par des routes commerciales reliant
la Méditerranée aux espaces guinéens, la région a une très ancienne tradition de
commerce. Il existe en outre un lien historique entre le développement des
réseaux de commerçants et l'expansion de l'islam à partir du VIIIe siècle,
religion très largement majoritaire aujourd'hui dans cette partie du
continent. Au Burkina Faso la migration est à la fois intérieure et
extérieure. A l'intérieur, les flux se dirigent des espaces de forte
densité du centre vers le sud-ouest, la région de Bobo Dioulasso, longtemps peu
peuplée et lieu d'un véritable front pionnier qui fonctionne depuis des
décennies mais connaît à son tour des phénomènes de saturation et de tension
entre les autochtones et les migrants, principalement Mossi. A l'extérieur, il a
été le principal foyer émetteur de migrants se dirigeant vers les régions de
plantation, principalement la Côte d'Ivoire. Selon le recensement de 1998, 2 238
548 Burkinabé résidaient en Côte d'Ivoire, sur un total de 4 millions
d'étrangers. Le " miracle ivoirien " s'était construit sur l'immigration des "
sahéliens " (facilitée entre 1932 et 1947 par le rattachement d'une partie de la
Haute Volta, sous le nom de Haute Côte, à la Côte d'Ivoire). La crise
ivoirienne a profondément perturbé les relations entre migrants et
nationaux, provoquant des retours et des problèmes de réinsertion des "
retournés ". La libre circulation des personnes et des biens prévue
dans les textes de l'UEMOA et de la CEDEAO se met progressivement en place
surtout à l'intérieur de l'UEMOA, la commune appartenance à la francophonie
héritée de l'AOF facilitant une intégration en revanche plus difficile entre
pays anglophones et francophones. Toutefois, les réflexes nationaux restent
prépondérants, comme chaque crise politique le confirme (cf Côte
d'Ivoire). Aux migrations intra-africaines, de loin les plus
importantes, s'ajoutent les migrations internationales, vers l'Europe au premier
chef, dont on sait à quel point elle est devenu un sujet sensible des relations
euro-africaines. Les économies de la région sont toutes impliquées par
les conséquences des migrations internationales, les flux monétaires de la
diaspora représentant une de leurs ressources principales. L'examen des
flux de personnes, de capitaux, mais aussi d'idées véhiculées par les migrants,
est une des questions majeures d'aujourd'hui. L'Afrique de l'Ouest est très
impliquée dans la mondialisation (y compris dans les réseaux mondiaux de la
drogue qui transitent en réempruntant les vieilles voies de commerce entre les
ports du golfe de Guinée et la Méditerranée). Parmi les
questions que soulève le développement durable en Afrique sahélo-soudanienne en
général, au Burkina Faso en particulier, celles qui concernent la relation entre
écosystèmes et sociétés, notamment les contraintes pesant sur l'agriculture dans
un contexte de pression démographique accrue, et celles qui portent sur les
espaces protégés d'une part, celles qui sont liées à des migrations
multiformes, complément nécessaire de ressources, d'autre part, me
paraissent les plus importantes.
. Synopsis de Bertrand
Fort Chargé de mission auprès du
Directeur Général de la mondialisation, du développement et des partenariats
; Ministère des affaires étrangères et européennes - France
" réfugiés climatiques
"
Une dimension du problème discutée (estimations des migrations climatiques
envisagées d'ici à 2050 ; la variable " climat n'est " qu'un " facteur des
migrations…). Typologie des risques : inondations, sécheresse, cyclones.
L'Afrique est particulièrement menacée. Qu'est ce qu'un " réfugié climatique
" (questions de terminologie : réfugiés, migrants, déplacés?).
Comment assurer la protection de ces personnes ? (Quel est le droit
international opérationnel en matière de migrations climatiques ?) ; au-delà de
la dimension juridique, il s'agit d'intégrer la question des déplacements
humains dans les stratégies et actions d'adaptation aux impacts des changements
climatiques. Or, peu a été fait jusqu'à présent globalement (question des
moyens financiers nécessaires), même si certaines actions sont déjà à l'œuvre et
vont dans le bon sens, notamment en Afrique, notamment à l'initiative de la
France et de ses partenaires africains (cf. AFD). La questions des acteurs
pertinents sur cet enjeu des migrations climatiques (Etats, organisations
internationales, agences de développement, ONG…) rejoint la problématique de la
gouvernance internationale de l'aide (concentration, concertation et
participation avec les gouvernements et les populations concernés, transparence
et évaluation).
. Synopsis du Docteur Pascal
PINTIAUX
SANTE, AFRIQUE ET
MONDIALISATION
L'Afrique a t elle fait de l'échec une option irrémédiable ?
Ou, l'éducation au développement outil pour un développement humain durable
?
I- SANTE EN AFRIQUE
Quelques chiffres et indicateurs :
-1,3 milliards d'individus en 2025 dont près de 50% aura moins de
25ans -3% du PIB sont affectés aux systèmes de soins dans les PVD, 6 à 7%
dans les pays émergents, 9 à 10% dans les pays développés -25 personnels de
santé pour 1000habitants aux USA, 2,3 pour 1000 en Afrique -Plus de 2
millions de personnes meurent chaque année en Afrique du
paludisme. -Nombreuses autres caractéristiques défavorables
: Faible espérance de vie à la naissance, de l'ordre de 47
ans Mortalité infantile forte Maladies
infectieuses et parasitaires prévalentes 25% de la population pauvre du monde
sont répartis dans 30 pays africains Plus de 800 millions de personnes situés
dans les PED dont 600 millions d'agriculteurs ont une alimentation insuffisante.
En Afrique ¾ des malnutris sont des ruraux.
Il est urgent de concevoir la santé à travers ces déterminants et d'envisager
d'autres modes d'actions en complément des systèmes de soins actuels à
développer.
De plus les facteurs climatiques influenceront l'augmentation de la pression
socio-économique et les tensions inter humaines par ses répercussions sur la
gestion de l'eau, le rendement des terres agricoles, la migration de la
population vers les villes.
L'Afrique est une chance pour le développement durable (…) de mondialiser
autrement le développement durable E.H. MALET, FMDD
Brazzaville.
II MONDIALISATION
La charte d'Ottawa de l'OMS - 1986 : " Vers une nouvelle santé publique
"
Le modèle global de la santé
" Une bonne santé est une ressource majeure pour le progrès social,
économique et individuel, tout en constituant un aspect important de la vie
" " Les facteurs politiques, économiques, sociaux, culturels,
environnementaux, comportementaux et biologiques peuvent tous intervenir en
faveur ou au détriment de la santé "
La santé prend alors l'expression de bien être. C'est un concept variable,
individuel, culturel, dans lequel l'individu met en place des stratégies
d'adaptation à un contexte environnemental, et socio-économique.
Déjà en 1948 l'OMS énonçait : la santé est un complet état de bien-être
physique, mental et social : utopique ou avant-gardiste ?
La promotion de la santé
" La santé est une ressource de la vie quotidienne et un concept mettant en
valeur les ressources sociales et individuelles ainsi que les capacités
physiques. La santé est la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut
d'une part, réaliser ses ambitions et satisfaire ses besoins et d'autre part,
évoluer dans son milieu ou s'adapter à celui-ci "
" La promotion de la santé est le processus qui confère aux populations les
moyens d'assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d'améliorer
celle-ci "
" La promotion de la santé ne relève pas seulement du secteur sanitaire :
elle dépasse les modes de vie sains pour viser le bien-être "
La promotion de la santé vise à responsabiliser les individus et à leur
permettre la prise de décisions pour agir sur leur santé. Le développement
d'une " nouvelle santé publique " doit s'accompagner de nouveaux supports où la
population est actrice.
Les " capabilités "d' Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998
La pauvreté n'est pas que monétaire : Perte des " capabilités " ou
libertés que n'ont pas les individus dans la communauté à mener l'existence
qu'ils espèrent, par l'absence d'accès à la participation décisionnelle et à la
responsabilisation : droit et capacités d'agir.
" Nos désirs et nos capacités d'éprouver du plaisir s'ajustent selon les
circonstances, en particulier lorsqu'il s'agit de nous rendre la vie supportable
dans des situations difficiles "
La santé, l'éducation sont des opportunités sociales de
développement Capacités de se former, de travailler et donc de participer au
développement économique source et conditions au bien être.
La Charte de Bangkok de l'OMS- 2005 : Politique et partenariat pour l'action
: s'atteler aux déterminants de la santé par la promotion de la santé à l'heure
de la mondialisation
Inscription de la promotion de la santé au cœur du programme mondial de
développement. Nécessité de créer un partenariat
mondial : Partenariats ou alliances entre le public, le secteur privé, les
organisations non gouvernementales et internationales, la société civile afin de
mettre en place des actions durables.
Les partenariats augmentent le potentiel de réussite des projets par une mise
en commun des expériences, des savoirs faire, des ressources.
Propose que la promotion de la santé soit un axe essentiel de l'action
communautaire et de la société civile Dimension politique de
la promotion de la santé Développement des capacités de
transfert des connaissances
La santé ne dépend pas uniquement des soins, elle est indissociable du
problème de développement : complexité, transversalité, multi sectorialité,
multidisciplinarité.
Mondialiser la solidarité.
Rôle de la responsabilité sociétale, sociale des entreprises.
Travail en partenariat avec partenaires
locaux La mondialisation ne doit pas gommer les
différences culturelles
III LIENS AVEC LE FMDD DE
BRAZZAVILLE : QUAND L'AFRIQUE S'EVEILLE AU DEVELOPPEMENT DURABLE
L'échec ne doit plus être une option : d'après les propos de Madame
Wangari MAATHAI, Prix Nobel de la paix Nous avons besoin d'actions
!
(…)Il y a nécessité de donner une nouvelle orientation à l'enseignement
construit autour de l'éducation à l'environnement au sens large. Malick Diagne
Le développement durable parait un luxe, une préoccupation de nature
collective, propre à ceux qui ont atteint un niveau élevé de développement. Face
à une telle conviction, il faut affirmer l'opportunité d'introduire l'éducation
pour le développement durable dans nos écoles et dans nos universités africaine.
(…) Le pari est de faire de l'éducation pour le développement durable une
manière à part entière et non une espèce de gadget tendance, car il s'agit non
seulement de dispenser des savoirs, mais de générer une profonde mutation des
comportements. Professeur André-Patient BOKIKA
IV COMPAIN Accompagner pour un développement humain
La santé pour quel bien être ? Éducation pour la santé
L'éducation pour la santé privilégie la démarche participative afin de
garantir l'adéquation des programmes ou projets aux besoins et aux demandes des
populations concernées
Conception qui cherche à développer chez les individus des dynamiques
individuelles et collectives : lien avec mener vers, être avec, accompagner du
latin educere
Transversalité de la santé et rôle prépondérants des déterminants de la santé
:
35% des décès en Afrique subsaharienne peuvent être attribués à des facteurs
environnementaux sur lesquels il est possible d'agir. Régis KOETSCHET
La déclaration de Jakarta de l'OMS en Juillet 1997 a, entre autres, mis
l'accent sur la sensibilisation sur l'évolution des déterminants de la santé et
le rôle essentiel de la participation des individus pour que les efforts
entrepris soient inscrits dans la durée. Interdisciplinarité,
multidisciplinarité du développement :
L'approche interdisciplinaire qui gouverne notre action est une nécessité (…)
Cette approche interdisciplinaire conduit à la santé globale pour un bien être.
Emilienne RAOUL
Les enfants " adultes de tout à l'heure ", " graines de développement "
: le projet COMPAIN
Continent en explosion démographique : 44% n'a pas 15 ans, 3% a plus de 65
ans.
Éducation au développement à l'école
Outil : Démarche communautaire en santé : C'est une stratégie de
développement participatif issue de l'éducation pour la santé, dont les
caractéristiques sont : Concerne une
communauté faite de diversités
Approche globale de la santé Actions sur les déterminants
de la santé Implique tous les
acteurs Partage de pouvoir et de
savoir Mutualisation des ressources, capacités mobilisables
par la communauté Rendre la santé accessible à tous
Évaluation partagée, évolutive et permanente
Travail en inter sectorialité pour la promotion de la santé
Réalisation de projets par rencontre des habitants et des professionnels.
. Synopsis de Olusola Bolarinwa
SOKEFUN
The Bioscience Research Centre Lagos State University,
Faculty of Science, Ojo - Lagos - Nigeria
Africa Towards Sustainable Development: What Options In International
Cooperation
Africa's efforts to achieve sustainable development have been hindered by
conflicts, insufficient investment, limited market access opportunities and
supply side constraints, unsustainable debt burdens, bad government and
governance, corruption, political instability and wars, historically declining
levels of official development assistance and the impact of HIV/AIDS. It can
be said without equivocation that in the past fifty years, no single ideal has
been obsessive on the thinking of African governments, as the goal of
development. Apart from the establishment of close ties between the African
continent and the developed north, a very strong south - south linkage
especially with the Asian continent in the areas of agriculture and food,
medicine, technology transfer, environment, education of the critical mass
needed to push the development goals and learning from best practices are all an
important components needed for sustainable development in Africa. National
and regional standards are important for indexing sustainable development in
Africa so that we do not just keep chasing shadows through the use of the
standards of the north.
. Synopsis D'Abdoul SOW
Enseignant-chercheur
SAINT-LOUIS DU SENEGAL : LOGIQUES PATRIMONIALES ET LOGIQUES
ENVIRONNEMENTALES, QUELLE DURABILITE POUR LA VILLE ?
La notion de " développement durable " est devenue de plus en plus
ambiguë. Forgée à la Conférence de Rio en 1992 par les décideurs nationaux et
par les organisations internationales autour des questions d'environnement, elle
s'est par la suite étendue à la complexité du développement des sociétés en
intégrant progressivement comme moteurs de la " durabilité ", des processus
d'ordre spatial, historique, culturel, social et économique. La communication
consiste à appliquer cette dernière hypothèse aux rapports entre les formes
urbaines et l'urbanisation de certaines agglomérations situées dans des
écosystèmes fragiles. A travers l'exemple de la ville de Saint-Louis du Sénégal,
déclarée patrimoine mondial de l'humanité depuis décembre 2000 par l'Unesco, le
site s'effrite d'un côté et se transforme de l'autre. Dans quelle mesure
patrimoine et environnement sont-ils conciliables ?
La recherche met en rapport les changements qui affectent la structure et la
forme architecturales de l'île de Saint-Louis avec les mutations démographiques,
sociales, économiques et culturelles. Si les analyses sociales traduisent
traduisent l'évolution des scénarii architecturaux résultants des processus
socio-économiques, quels ont été donc les impacts réels de cette dégradation du
cadre bâti ainsi que ceux des transformations et mutations ponctuelles qui ont
affecté aujourd'hui le cliché architectural et le paysage urbain ? En somme,
avec qui, pour qui, pourquoi et comment va-t-on assurer un avenir durable à
cette ville dans la ville (une agglomération moderne de plus de 200 000
habitants s'étend sur la lagune et la berge) ?
. Synopsis Jean DUFOURCQ
Enseignant-chercheur
Les trois défis majeurs qui caractérisent le 21ème siècle, la révolution
démographique, l'enjeu écologique et la redistribution des marchés dessinent un
nouveau système du monde, dans lequel les besoins des puissances émergentes
créent de nouveaux besoins et de nouveaux circuits. Dans ce mouvement général,
l'évolution en cours de la gouvernance mondiale a été prise de vitesse. Une
dérégulation inquiétante de la gouvernance mondiale Depuis plus d'un an les
crises mondiales se sont succèdent: augmentation du prix des denrées de base
suivie par d'autres matières premières en particulier le pétrole ; éclatement de
la bulle immobilière à l'été 2008 … Le système financier
international a cessé de fonctionner, en entrainant une contraction
soudaine de l'activité économique dans la plupart des pays ; ce qui a eu un
effet de retournement sur les cours des matières premières suivi d'un
effondrement des bourses. Celles-ci ont terminé l'année avec des
baisses records, les plus fortes depuis la grande dépression alors que la
volatilité des cours des matières premières n'a jamais été aussi
marquée. Mise en cause latente de la mondialisation Les
institutions de gouvernance nationale et internationale n'avaient anticipé
aucune de ces trois crises et ont été incapables d'y répondre avec
efficacité. Cette carence tient sans douter à l'absence d'instruments de
régulation adaptés à la masse et à la complexité des flux financiers d'une
part et au décalage qui s'est creusé entre la sphère financière et les
activités de l'économie réelle d' autre part. La récession économique
généralisée, dont l'amplitude et les manifestations sectorielles sont encore mal
appréciées, aggrave les dysfonctionnements qui caractérisaient la
gouvernance mondiale, et ce d'autant plus qu'à l'origine de la crise financière
se trouve le pays moteur de l'économie mondiale et garant traditionnel de la
sécurité et de l'ordre international. Les tentatives de réforme effectuées
depuis la chute du mur de Berlin s'étant révélées sans effets suffisants, des
voix se sont élevées pour voir dans la globalisation la cause des
dérèglements de la gouvernance internationale. Des velléités
protectionnistes, des nationalismes résurgents et chez certains , une
volonté de remettre en cause le fondement de l'ouverture et de l'économie de
marché sont autant d'indicateurs de la gravité de la situation. Ils
dénotent aussi l'impuissance des dirigeants à trouver des remèdes crédibles pour
leurs pays et a fortiori pour lancer des actions à l'échelle régionale ou
globale. Or la nature systémique de la rupture que connait l'ordre mondial
engage la responsabilité collective et appelle des solutions concertées entre
les principaux acteurs de la gouvernance internationale. Nécessité d'une
nouvelle gouvernance Pour restaurer la confiance indispensable à la relance,
des conditions de transparence, de responsabilisation et une nouvelle régulation
des marchés doivent être garanties. Ceci rend inopérantes les
solutions conçues dans le seul cadre du dialogue intergouvernemental, et exige
d'associer aux décisions des acteurs non-étatiques à l'échelle nationale,
régionale et internationale. Le cadre méthodologique, les outils de ce nouveau
dialogue, et les règles de cette nouvelle régulation restent à inventer. Il est
certain qu'elles dépendront des circonstances spécifiques mais que la
convergence vers les meilleures pratiques reste la seule voie pour une
gouvernance globale accomplie. Le Haut Commissariat au Plan mène, depuis
quatre ans, en toute indépendance institutionnelle et intellectuelle, un
programme d'étude prospective sous le thème " Maroc 2030 ". Dans ce cadre, des
forums thématiques ont été organisés avec la participation d'experts nationaux
et étrangers et de représentants des mondes universitaire, économique, politique
et des acteurs de la société civile. Ces forums, appuyés par des études
générales et sectorielles et des enquêtes sur le terrain, ont donné lieu à
l'élaboration de scénarios exploratoires et alternatifs et ont fait l'objet de
multiples publications qu'il est aisé de consulter sous leur forme écrite et,
parfois, audiovisuelle dans le site www.hcp.ma. Ces scénarii ont permis
d'identifier les défis que le Maroc doit affronter et ont montré les limites
d'un exercice strictement national. De nombreuses variables stratégiques qui
conditionnent la pleine réalisation des objectifs de développement humain
dépendent de l'efficacité de la gouvernance régionale et mondiale. Le Haut
Commissariat au Plan a donc été amené à élargir par étapes successives le cadre
de ses réflexions portant sur le projet " Maroc 2030 ". L'ouverture
atlantique: un potentiel de solidarités transversales concrètes Dans la
continuité des efforts conduits en 2007/2008 qui ont approfondi la dimension
maghrébine et méditerranéenne de la gouvernance régionale, il est apparu
nécessaire de prolonger l'effort d'analyse en se tournant vers la communauté de
destin et d'intérêt de l'espace atlantique. L'ouverture atlantique est en effet,
avec l'appartenance méditerranéenne et l'identité africaine, constitutive de la
personnalité stratégique multidimensionnelle du Maroc. La perspective
atlantique constitue donc le cadre naturel pour l'élargissement de la réflexion
prospective pour le Maroc, comme pour d'autres pays riverains pour lesquels il
n'y pas de discontinuité stratégique entre l'Atlantique nord et sud. Les
rives africaines, européennes et américaines sont liées par une proximité
historique et culturelle ancienne. Des liens ont tissé au cours des siècles qui
se traduisent par des échanges humains nombreux et des relations denses entre
institutions, grands pôles urbains et personnalités du monde politique,
économique et culturel, soutenus par une relative homogénéité culturelle et
linguistique. C'est ce faisceau de facteurs positifs qu'il convient
aujourd'hui de mobiliser pour créer une nouvelle transversalité féconde.
C'est la légitimité profonde de la perspective atlantique. C'est de cette
réalité qu'il faut tirer un meilleur profit à l'heure de la crise de la
gouvernance internationale. Cette transversalité atlantique recèle en effet
des synergies insoupçonnées et offre des opportunités de co-développement
particulièrement adaptées à la conjoncture actuelle et à des questions globales
comme la cohésion sociale, le développement durable, changement climatique et la
biodiversité, la sécurité maritime, les migrations, le terrorisme et les
trafics de tous genres. Ce cadre n'exclut ni la dimension méditerranéenne
ni l'intégration des divers continents, Afrique, Amérique du Nord et du Sud,
Europe. Au contraire, come le montrent les exemples de l'Espagne, du Maroc et du
Portugal, la situation géographique à la charnière de deux continents et avec
deux façades maritimes a ouvert une interaction commerciale et culturelle qui a
accompagné la première vague de la globalisation. Le fait que le Maroc ait
conclu un accord le libre échange avec les EUA et obtenu le statut avancé avec
l'Union Européenne confirme la fécondité de ses appartenances multiples pour
gérer la crise de la troisième vague de globalisation. Une méthodologie
pragmatique et ambitieuse Constituer une coalition d'institutions partageant
la même vision dans ce cadre atlantique est le premier pas vers une régulation
de grands espaces continentaux qui permettra d'envisager une meilleure
gouvernance mondiale et une globalisation au service de l'homme.
. Synopsis de Lanciné
CAMARA
U.I.J.A. / Le Devoir Africain
L'utilité et l'urgence " d'africaniser " le développement
durable
Le complot de l'argent roi contre " dame Nature verte ", soumise et
sauvagement exploitée a fini par mettre en danger la planète entière.
De l'inondation meurtrière récemment au BURKINA-FASO à la dévastatrice montée
des eaux en CHINE, c'est notre gentille Terre qui risque d'être foudroyée si des
mesures sérieuses ne sont pas prises maintenant.
D'où l'importance d'une écologie mieux organisée et mieux expliquée par les
soldats défenseurs de l'environnement et du changement climatique dont votre
Mouvement est l'un des meilleurs messagers ici à OUAGADOUDOU.
En Effet, savoir convaincre les pays pollueurs du Nord devenus otages de la
dictature du profit pour le profit que la barbarie du gain facile doit être
freinée maintenant n'est pas chose aisée.
Dans le même temps, ne pas informer les habitants des pays pauvres, victimes
de la férocité des voleurs de matières qu'il y a danger pour leur environnement
et leur développement durable serait l'une des façons d'encourager le règne de
la loi de la jungle et des crimes économico-écologiques
Face à cette pagaille mondialisée de la terreur et des catastrophes venant
des comportements autodestructeurs de certaines " Nations riches en Dollars et
en Inconscience ", permettez-nous de faire quelques propositions pour aider
l'Afrique à sauver ses forêts, ses fleuves, ses animaux et ses populations, qui
loin de bénéficier des bienfaits du progrès de la haute technologie, meurent
carbonisés par le réchauffement climatique, la montée des eaux, le pillage
sauvage de son environnement.
D'où l'utilité et l'urgence " d'africaniser " le développement durable de la
manière suivante : 1. Organiser la vie du village autour des valeurs du
type savoir cultiver la terre et développer l'agriculture sans salir la Nature
comme semblait le proposer Felix HOUPHOUET BOIGNY. 2. Lutter contre la
mafia nationale et internationale des coupeurs de bois, du braconnage et du
safari décimant les dernières générations des animaux qui ont échappé par
miracle à l'enfer du pillage économique. 3. Exiger de ceux qui
gouvernent les pays Africains, plus de sérieux, de rigueur et de transparence
dans la gestion de l'environnement, su tourisme, des mines d'or, de diamant et
des puits de pétrole. 4. Assainir les villes où la concentration des
populations fuyant les guerres ethniques et tribales souffrent de toutes
épidémies anciennes et nouvelles. 5. Favoriser le maintien des cadres et
cerveaux (médecins, ingénieurs, agronomes, enseignants, créateurs et opérateurs
économiques) à Ouagadoudou, Bamako ou Conakry. 6. Donner un avenir à la
Jeunesse Africaine qui prenant des pirogues ose venir mourir dans les eaux
lugubres des mers européennes à la recherche d'un paradis qui n'existe pas.
Tout en vous remerciant de votre aimable attention, enrichissons ensemble une
telle rencontre, par de nouvelles idées, voire de nouvelles solutions.
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LETTRES DE
CADRAGE
Note de cadrage de Philippe
Hugon, Professeur émérite Paris X-Nanterre
Les changements climatiques et
l'Afrique opportunités et contraintes environnementales,
sociales et
économiques
L'enjeu climatique conditionne le devenir voire la survie de la
planète. Les changements climatiques constituent une menace planétaire et ils
exigent une réponse mondiale de toute urgence. Les rythmes climatiques sont
bouleversés et les extrêmes sont la normale. Dans ces changements dominent
l'incertain et des situations chaotiques non prévisibles. Il est dès lors
nécessaire de permettre les résiliences des populations aux chocs et des
adaptations à ces extrêmes climatiques. Selon le rapport, Stern l'inaction
entrainera au minimum d'une perte de 5% du PIB mondial par an alors que les
coûts de l'action s'élèvent à 1% du PIB mondial (Stern N 2006)
; La conférence de Copenhague de décembre 2009 doit traiter de la
question du climat et du devenir de la planète en regroupant plus de 200 chefs
d'Etat. Les Etats-Unis qui n'avaient pas ratifié le protocole de Kyoto et les
pays de l'annexe 2 émergents notamment la Chine et l'Inde n'avaient pas été
directement concernés par les engagements de restrictions d'émission de
C02 seront au cœur de la négociation. Les Etats-Unis et la Chuine pèsent pour
50% des émissions mondiales de CO2.A ce jour un accord parait difficile. Certes
la donne de Kyoto a changé avec l'élection de Barack Obama, la prise de
conscience américaine de l'enjeu climatique, la crise mondiale et la possibilité
d'une relance par une croissance verte. Mais l'on est loin d'un consensus.
La session de négociation de Bonn de juin 2009 a montré l'ampleur des
dissensions. Le clivage entre le Nord et les pays émergents s'est accentué. Ces
derniers (Brésil, Chine, Inde) demandent aux pays de l'OCDE de faire un effort
significatif avant de s'engager. L'Union européenne veut réduire de 20% des
émissions de gaz à effet de serre de 20% en 2020 par rapport à 1990 alors que
les Etats-Unis veulent se contenter de 4%. Les principaux
enjeux portent sur l'échelle des négociations bilatérales (donnant/donnant), par
clubs (Etats-Unis, UE, G20) ou multilatérales. Ils concernent également les
mécanismes : marché des droits à émettre ou taxes carbone ; celles-ci
doivent elles se situer en amont (taxes sur les énergies fossiles) ou en aval au
niveau des consommateurs finals (étiquette du coût carbone) ? Quels seront les
principaux secteurs concernés par ces mesures : les transports, l'industrie,
l'agriculture et la sylviculture, les industries énergétiques, l'habitat ?,
Comment mettre en place des nouvelles technologies environnementales :
captage et stockage de CO2, énergies renouvelables, nucléaire ? Les
pays africains sont quant à eux les premières victimes des effets prévisibles
des changements climatiques alors qu'ils ne contribuent qu'à moins de 4% des
émissions de Gaz à effet de serre et qu'ils bénéficient peur des mécanismes du
développement propre. Les PMA peuvent notamment bénéficier de mécanismes de
valorisation de la biodiversité et de fonds carbone donnant des
incitations et des compensations aux acteurs assurant la préservation du
patrimoine forestier. Sur 28 pays exposés au risque extrême 22 sont d'Afrique
sub saharienne et la Somalie et la Sierra Leone sont considérés avec
l'Afghanistan et haiti comme les pays les plus exposés du monde. On estime que
les dommages causés aux pays pauvres exposés aux risques extrêmes sont 10
fois supérieurs à ceux enregistrés dans les pays développés (Maplecroft, 2009).
Face à cette situation les pays africains auront-ils une position commune,
radicaliseront ils leur position ou auront-ils des jeux d'alliance avec
les pays du G77 et les pays industriels par type de problèmes (pays sahéliens
touchés par la sécheresse et la désertification, pays d'Afrique centrale
disposant de forêts puits de carbone, Etats insulaires membres de l'AOSID
alliance des petits Etats insulaires) ?. Nous différencions
: les perspectives de changements climatiques les scénarios des changements
climatiques, les effets pluridimensionnels des changements climatiques en
Afrique et les stratégies envisageables. 1/ Les perspectives de
changements climatiques De très nombreux travaux sont consacrés aux
changements climatiques ( Intergovernemental Panel on Climate Change IPCC, Stern
review on climate change and data Distribution Center (DDC), GIEC, Goklany I "
What to do about Climate Change ? " Policy Analysis, Fev 2008)) . L'Afrique
contribue peu au changement climatique mais elle est le continent qui en subit
les conséquences les plus fortes en termes de sécheresse (zones septentrionales
et australes) et d'inondations (sud de l'Afrique orientale), Elle contribue à
moins de 5% des émissions de gaz à effet de serre (pratiques agricoles et
déforestation) sans bénéficier des mécanismes de développement propre au
protocole de Kyoto. Dans un échantillon comprenant 80% des émetteurs de
GES Mt équivalent charbon) figurent en 2000 par ordre l'Afrique du sud
(113,9, l'Egypte (48,5), l'Algérie (34,4), le Maroc(15,6) et la Côte
d'Ivoire (4,1) soit moins de 250 Mtec pour 9187,1 Mtec à l'échelle
mondiale (sources Climate Analysis Indicators Tools). Le
réchauffement climatique a été observé durant le siècle dernier .L'Afrique s'est
réchauffée de 0,5° à 0,7°C alors que la température moyenne mondiale
s'élevait de 0,6° au cours du siècle. On a observé au cours des 30 dernières
années des phénomènes climatiques extrêmes caractérisées par des sécheresses et
par des inondations dont l'intensité s'est accrue. Le changement climatique le
plus significatif est la réduction à long terme des précipitations dans les
régions semi arides. Les prévisions vont de +0,2° (scenario bas) à plus de 0,5°
par décennie (scenario haut). Les scenarios des changements
climatiques L'Afrique est particulièrement vulnérable aux changements
climatiques. Le climat est varié selon les régions et variable. 1/3 du continent
est aride ou semi aride au nord et au sud et en Afrique orientale. Les
climats équatoriaux humides et sub humide concernent les régions côtières
d'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale. La vulnérabilité vis à vis du climat
diffère fortement selon les régions. Le Sahel et l'Afrique du nord connaissent
des sécheresses périodiques alors que les inondations causent des ravages en
Afrique orientale et australe, que les Iles de l'océan indien sont touchées par
des cyclones. Selon le GIEC, la hausse de la température peut être de
3 à 4° en Afrique d'ici la fin du siècle contre 2° au niveau mondial. L'Afrique
du nord connaitre une forte baisse des précipitations -620%) ; l'Afrique
australe verra croitre les sécheresses extrêmes et l'Afrique orientale les
pluies extrêmes. Les 4 scenarii du changement climatique pour les années
2050 vont de 9,7 à 17,3 millions de carbone et de 51 à 96 millions tonnes de
soufre. Les effets de réchauffement global iraient de +0,9° à 2,6°; il en
résulterait une élévation du niveau de la mer de 13 cm à 68 cm et une
concentration en CO2 de 479 ppmv à 559 (sources modèles GCM Canadian Global
Climate). Les scenarios de Hulme et al 2001) différencient deux
situations de priorité environnementale et deux situations de croissance
économique avec faible et absence de protection environnementale. Ils prévoient
une moyenne de réchauffement annuel en Afrique de -0,2° (scenario de protection
forte de l'environnement) à +0,5° par décennie (scénario haut de
forte croissance économique mondiale). Le réchauffement total varierait entre
2°C et 6°C avant 2100 en moyenne avec des effets supérieurs en zones semi arides
du Sahara et du centre d'Afrique australe et moindre aux latitudes équatoriales
et sur les côtes. Les perspectives de précipitations futures sont
beaucoup plus délicates. On peut toutefois prévoir d'ici 2050: une diminution
des précipitations estivales entre 10 et 25% en Afrique du nord ; une
augmentation des précipitations pendant la période hivernale entre 10 et 35% en
Afrique occidentale et entre 10 et 30% en Afrique australe et une diminution des
précipitations estivales entre 15 et 60% en Afrique australe. 2/
Les effets pluridimensionnels des changements climatiques en
Afrique Deux attitudes dominent quant aux effets prévisibles des
changements climatiques. De nombreuses études tirent le signal d'alarme et
mettent, à défaut d'actions préventives, l'accent sur les catastrophes. Il faut
évidemment resituer ces travaux de Cassandre. Il s'agit d'alerter les
responsables et parfois de percevoir des rentes. Les perspectives tracées sont
des risques ou des incertitudes. Certains regardent, au contraire, dans le
rétroviseur en rappelant les capacités de résilience et les potentialités
considérables d'un continent en réserve de développement. Cette posture en
prend pas en compte l'importance des défis climatiques, environnementaux ou
climatiques nouveaux et la rapidité des rythmes rendant obsolètes de nombreuses
pratiques ayant montré historiquement leur efficience. Les effets
seront évidemment très différenciés et contrastés compte tenu de la très grande
hétérogénéité de l'Afrique sur le plan climatique et des éco -systèmes. Les
effets des changements climatiques sont fonction de la plus ou moins grande
vulnérabilité et fragilité des sociétés, des capacités de résilience des
populations, des modes de régulation de la part des acteurs. Le changement
climatique ne joue que comme un facteur trouvant place à côté d'autres
facteurs. Les changements climatiques sont considérés comme un
des facteurs premiers de risques et de crises belligènes (cf. rapports Stern
2006, de International 2007, Maplecroft 2009). A défaut d'actions
préventives, les changements climatiques peuvent être porteurs de guerres et de
coûts très élevés. Ils aggravent les crises alimentaires, épidémiologiques, la
désertification et les catastrophes extrêmes inondations ou les mouvements
migratoires ou de réfugiés. Selon le rapport de International Alert 46
pays regroupant 2,6 milliards d'hommes peuvent être touchés. Les risques le plus
important dont liés aux tensions et conflits résultant des migrations et des
réfugiés climatiques entre les zones les plus vulnérables et les espaces
disposant d'importantes potentialités agro -pastorales ou les espaces urbains
avec cohabitation d'autochtones et d'allogènes. Les conflits liés à la
sécheresse risquent de s'aggraver dans les zones arides (Algérie, Sahel, Corne
de l'Afrique). Ils expliquent en partie les conflits du Darfour. Les migrations
et réfugiés climatiques pourront croitre et risquant à défaut de gestion,
d'accès aux droits des " allogènes " face aux " autochtones " d'être
crisogènes. Les risques agricoles liés aux changements
climatiques résultent de la déforestation, de la variabilité de la pluviométrie
et de la baisse de la biodiversité. Les impacts sur l'agriculture et
sur l'élevage seront importants bien que difficile à évaluer. Ils sont d'autant
plus élevés que l'agriculture n'est pas irriguée et que les grands domaines
d'élevage élèvent des bovins. On estime qu'une augmentation de 10% de la
température engendrera une baisse de 13% des revenus agricoles alors qu'une
augmentation des précipitations les augmente de 10'%. Certains travaux estiment
qu'une hausse de 1° entraîne une baisse de 15% des rendements. L'ONUAA
2000 a évalué l'impact négatif sur l'agriculture africaine du réchauffement
climatique entre -23 et -165 milliards (sensibilité pessimiste) pour 2050. Selon
l'étude de Mendelhson et al (2000) les impacts du changement climatique pour le
continent africain pourraient s'élever à une perte potentielle de 25 milliards $
à 194 milliards par an selon la sensibilité climatique utilisée.
Tableau 1. Impact sur l'agriculture africaine du réchauffement climatique
(milliards $) optimiste optimiste Optimiste (milliards
$) pessimiste pessimiste pessimiste 1°C 2°C 3,5° 1°C 20C 3,5°C -23 -85 -165 16 -1 -30 Source
" Two essays in climate change and agriculture: a developing country perspective
", Economic and development paper, n°145, ONUAA 2000 Les
impacts sur le stress hydrique seront importants. 370 millions d'Africains
risquent de voir croître le stress hydrique d'ici 2025. Les effets sur les
débits des fleuves et les niveaux des lacs concernent notamment le Nil avec des
effets prévus en 2050 supérieurs à 50% et avec accentuation de l'assèchement du
lac Tchad . Il risque d'y avoir accentuation des tensions entre le Botswana et
la Namibie pour le fleuve Okavango, entre les riverains du fleuve Sénégal,.
Les impacts sur la santé concernent notamment les épidémies de
paludisme qui augmenteront et se déplaceront . Les effets se feront sentir
sur la biodiversité (diversité des espèces sauvages, faune et flore, diversité
intra spécifiques au sein des espèces et conservation au cours du temps) est un
élément de résilience des écosystèmes aux changements climatiques. Elle est
également menacée par ces derniers (GIEC 2002 Les effets sur le niveau
de la mer se feront sentir à plus long terme. Les risques d'inondations côtières
passeraient de 1 million en 1990 à 70 millions en 2080 (sources GIEC). Or plus
d'un quart de la population de l'Afrique vit à moins de 100 kms des côtes.
L'Egypte serait particulièrement touchée. Les effets porteront également sur
la désertification et la sécheresse. Celles-ci menacent 200 millions
d'Africains sur 780 en 2005. Or ces chiffres risquent, à défaut de stratégies
proactives, de croître durant les 40 prochaines années (Bied-Charreton). Les
risques de dégradation des zones cultivées des parties subhumides de l'Afrique
subsaharienne résultent d'une trop grande pression exercée sur les sols
conduisant à une dégradation de leur fertilité. La dégradation des sols sous
l'effet du raccourcissement des temps de jachère ou du surpâturage est fortement
accrue en situation de réchauffement climatique. L'évaluation des écosystèmes
pour le millénaire publiée en 2005 fait mention de quatre scénarios jusqu'en
2050. Il note que " les gains en bien être de l'Homme ont été obtenus au
prix d'une dégradation de nombreux services d'origine éco-systémique, de risques
accrus de changements non linéaires. Ces problèmes, à moins d'y trouver une
solution, auront pour effet de diminuer de manière substantielle les avantages
que les générations futures pourraient tirer des écosystèmes ". Le
bilan fait par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) montre
que 20 ans après le rapport Bruntland " aucun des majeurs problèmes soulevés
dans notre Avenir à tous ne connait de prévisions d'évolution globale
".
Tableau 2. Les effets différenciés des changements climatiques selon les 7
régions d'Afrique
eau agriculture santé déforestation Niveau de la
mer I Sahel +++ ++ ++ + ++ IICorne de
l'Afrique ++ ++ ++ + + IIIAf Ouest
côtière - - ++ ++ ++ IV Afdu
Nord +++ +++ - - ++ VAf
centrale - - ++ +++ - VIAf
orientale ++ ++ ++ + + VII Af australe Océan
indien ++ ++ + sauf sud + ++ 4/ Quelles
stratégies? Deux attitudes dominent quant aux effets prévisibles des
changements climatiques. De nombreuses études tirent le signal d'alarme et
mettent, à défaut d'actions préventives, l'accent sur les catastrophes. Il faut
évidemment resituer ces travaux de Cassandre qui cherchent à alerter les
responsables. Les perspectives tracées sont des risques ou des incertitudes.
Certains regardent, au contraire, dans le rétroviseur en rappelant les
capacités de résilience et les potentialités considérables d'un continent en
réserve de développement. Cette posture ne prend pas en compte
l'importance des défis climatiques, environnementaux ou climatiques nouveaux et
la rapidité des rythmes rendant obsolètes de nombreuses pratiques ayant montré
historiquement leur efficience. Il faut ainsi éviter deux écueils. 1/
Considérer que les maux climatiques subis par l'Afrique doivent conduire à
des compensations financières (fonds carbone, taxes affectées aux catastrophes
naturelles) et que les Etats doivent avoir la responsabilité de la gestion de
ces fonds. 2/ Se placer à un niveau technique et sectoriel en mettant en œuvre
des projets d'aide ou d'investissement. Ces deux attitudes ne prennent pas en
compte le tissu social et la dimension politique des aides. La gestion des
biens publics ou des maux publics mondiaux passe par des actions de coopération
entre acteurs à des échelles allant du local au global, avec des mécanismes de
contrôle, de transparence de débat public. La question prioritaire est celle de
l'appropriation par les populations et des entretiens, financement des charges
récurrentes. Les appuis financiers supposent des projets concertés porteurs de
développement durable pour les différents partenaires du Nord et du Sud.
L'Afrique sera le continent le plus touché par les changements climatiques
alors qu'elle contribuera pour une part limitée aux émissions de CO2. Comment
pourra t elle bénéficier des mécanismes internationaux types mécanismes du
développement propre ? Il parait prioritaire de mettre en place des fonds
carbone pour sauvegarder la forêt à partir de projets d'agro foresterie. Les
actions doivent être menées à des niveaux locaux, nationaux, régionaux et
globaux. A défaut de stratégies proactives, les risques de dégradation des
ressources, de catastrophes naturelles, de désertification et de
sécheresses accrues est grand, avec les conséquences en termes de
tensions, de conflits et de migrations non contrôlées. Selon le HCR (Haut
commissariat aux réfugiés des Nations unies), les éco-exilés ou éco réfugiés de
15 millions en 2005 risquent d'être 10 fois plus nombreux. Les questions
environnementales et notamment climatiques prendront une acuité croissante
avec la désertification, la déforestation, la réduction de la biodiversité, la
pollution urbaine et la dégradation des sols. Les acteurs africains vulnérables
ont une faible résilience pour faire face aux catastrophes naturelles et aux
extrêmes climatiques. Il est prioritaire d'accroitre cette résilience et de
favoriser la prévention des catastrophes et l'adaptation aux changements
climatiques. La prise en compte des changements climatiques suppose à la fois
des innovations technologique et des investissements allant du niveau local au
niveau global. Quels compromis entre les horizons temporels, les
priorités d'efficience économique, d'équité sociale et de soutenabilité
écologique ? Comment donner du pouvoir et des moyens d'expression des savoirs et
des pratiques plurielles face aux pouvoirs des lobbies et aux puissances
publiques ? Les enjeux se situent à différentes échelles du local au mondial..
Les enjeux se situent au niveau des sociétés africaines Les
leviers d'action se situent à différentes échelles du local au mondial..
Ils se situent au niveau des sociétés africaines Les
changements climatiques doivent être mis au regard des défis urbains. La
population urbaine africaine de 300 millions pourra atteindre 1 milliard
en 2050. D'où la nécessité de développer les transports collectifs, l'efficacité
énergétique de l'habitat. L'énergie à base humaine, animale et de biomasse fera
de plus en plus appel à d'autres formes d'énergie dont certaines sont épuisables
et émettrices de Gaz à effet de serre (charbon, hydrocarbures) et dont d'autres
sont renouvelables (solaire, éoliennes, hydrauliques. En même temps, en
zone rurale les potentialités agro-pastotrales peu valorisées demeurent
considérables à côté de zones crisogènes. Ceci implique à la fois une mobilité
des populations et donc un droit donné aux " allogènes " face aux " autochtones
" et des transformations techniques, sociales des systèmes de production. Les
réfugiés climatiques doivent être évités et à défaut gérés. L'agriculture
doit connaitre une double révolution verte. Les progrès de productivité doivent
quintupler d'ici 2050 alors que les risques de dégradation sont 10 fois
supérieurs dans les zones tropicales que dans les zones tempérées. D'où la
nécessité de cultures associées, d'agroforesterie, de culture attelée, de
développement de l'irrigation et d'une agriculture plus intensive….
Les enjeux concernent de nouvelles formes de coopération
internationale Trois axes sont envisageables -Mettre en place des
coopération multilatérales, régionales, bilatérale en fonction de l'échelle à
laquelle se situent les facteurs explicatifs des risques et leurs remèdes. Les
biens ou maux publics peuvent être ainsi planétaires, régionaux ou localisés
dans certaines zones. Les instruments et politiques diffèrent selon ces
échelles. -Mettre en place des co-opérations triangulaires G8, pays
émergents, pays africains sur des actions où des intérêts communs à
long terme apparaissent. -Mettre en place des coopérations à des
échelles plurielles : décentralisées, internationales. Le niveau régional est
stratégique pour prévenir, réguler, compenser les effets des crises liées
au climat.
Les enjeux concernent également les négociations internationales et les
compromis. Des risques d'échec de Copenhague sont possibles compte
tenu des conflits d'intérêts, du contexte de la crise mondiale et de la
radicalisation des pays qui subissent les effets des changements climatiques
face à l'égoïsme des pays les plus responsables. Y au ra t il position commune
du G77 ou jeu d'alliance à géométrie variable. Face à l'abime vers lequel court
le monde si des solutions radicales ne sont pas prises (Ban Ki Moon) les
efforts financiers seront-ils acceptés. Rob Vos (ONU) estime à 500 milliards$
par an (1% du PIB mondial) les investissements nécessaires pour prévenir et
compenser les dommages causés. La Banque mondiale (2009) évalue à 400 millairds
$ par an le financemùent des technologies d'infratsructure énergétique alors que
les fonds publics peuvent difficilement croitre et que les fonds carbone peuvent
au mieux rapporter 30 milliards $. Comment trouver des financements qui
permettent des transferts de technologies adaptées et faire en sorte que les
appuis des pays industriels et des pays émergents ne donnent pas lieu à des
simples redistributions de rentes. Les appuis financiers supposent des projets
concertés porteurs de développement durable pour les différents
partenaires Sources Al Gore (2007), Une vérité qui dérange, Paris, ed La
Martinière Banque mondiale (2009) rapport sur le développemnt. Le climat,
WashingtonGIEC , Rapports techniques. Les changements climatiques et la
biodiversité , PNUE,Genève Hugon Ph (2009), Géopolitique de l'Afrique, 2ème
ed, Paris, SEDES Hugon Ph (2008) Afrique 2050-Perspect, Rapport BAD,
Tunis Hulme M (2001)" Global warming and African climate change : a
reassessment "in Park SL (ed) Climate Change in Africa, Cambridge
University Press Hulme et al (2005) African climate change 1900-2010,
Climate research, n°17,pp 145-168 International Alert (J Smith, J Vivekananda
)2007, A climate of Conflict. The links between climate change , peace and war,
London ONUAA (2000) " Two essays in climate change and agriculture: a
developing country perspective ", Economic and development paper,
n°145, Maplecroft , Climate Change Risk Report, London,
Septembre 2009 Park SL (ed) (2001) Climate Change in Africa, Cambridge
University Press . Stern N (2006) , The Economics o Climate Change,
Londres
. Synopsis de Boubou SYLLA Président
de l'Association FASSA
Les Radios Communautaires : vecteurs
d'information, de sensibilisation et d'éducation des populations africaines au
développement durable
Contexte et enjeu x :
Du 08 au 13 octobre aura lieu le 7ème Forum Mondial du Développement Durable,
au Burkina Faso. Il s'agit du rendez-vous annuel des décideurs et responsables
du monde économique et politique, sur l'avenir de notre planète et des enjeux
d'un développement durable du contient africain.
Les populations africaines ne doivent pas être écartées de cette rencontre de
très haute importance et doivent être sensibilisées et impliquées dès
aujourd'hui sur ces questions liées au développement durable. Il est nécessaire
d'impliquer et d'encourager les sociétés civiles dans la mise en œuvre de
dynamiques locales citoyennes.
Les médias nationaux diffusent leurs émissions en grande majorité dans les
langues officielles (Anglais, Français..). Face à la diversité des langues
parlées dans chaque pays d'Afrique, le temps imparti aux langues locales ne
permet pas de traiter des sujets de manière approfondie.
Au début des années 90, beaucoup de pays sur le continent africain ont connu
la libéralisation du secteur audiovisuel et la multiplication des radios
communautaires. Elles sont définies comme " la voix des sans voix " et agissent
dans l'intérêt des communautés. Ainsi, les radios communautaires jouent un rôle
important d'information, d'éducation et de participation citoyenne.
Compte tenu du rôle prépondérant des radios communautaires en Afrique, les
organisateurs du 7ème Forum Mondial du Développement Durable souhaitent les
impliquer dans ce grand rendez-vous. L'objectif est d'inviter, par leur
intermédiaire, les populations à participer ainsi à la mise en place d'un
co-développement durable. Plan d'action proposé :
Objectifs Les moyens à mobiliser Les acteurs Calendrier
prévisionnel 1 - Informer le maximum de citoyens africains aux enjeux du 7ème
Forum Mondial du Développement Durable Inviter des radios
communautaires représentatives des populations locales de l'ensemble des
régions du continent africain pour : la diffusion des débats
auprès des populations en direct et différé la restitution des
ateliers et tables rondes la réalisation d'interviews
DJA Fm (Tchad) Radio AFIA (Sénégal) Peace
Station (Ghana) Ghetto FM (Kenya) Moutse
Community radio (Afrique du Sud) Radio Banimonotié
(Mali) Radio Maendeleo (RDC) Mediafrica Côte
d'Ivoire Septembre Transmettre le document à Monsieur Baba Hama,
conseiller du Président de la république du Burkina-Faso
2 - Poursuivre la sensibilisation après le forum et lancer une dynamique
d'éducation au développement durable grâce à l'implication des têtes de
réseaux Inviter les Présidents des Fédérations des Radios communautaires
pour qu'ils :
participent aux débats et tables rondes
prennent conscience des enjeux liés au développement durable
réfléchissent sur les actions à mettre en place au sein des
radios communautaires Oumar Seck N'Diaye, président de l'AMARC
Afrique, (Sénégal) KARAMOKO Bamba, président d'Union des Radios
de Proximité (Côte d' Ivoire) Rigobert MALALAKO, Secrétaire de la
Fédération des Radios de Proximité du Congo Daouda MARIKO,
Président de l'Union de Radios et Télés Libres du Mali
Jean-Jacques Ntamagara Président de l'Association Burundaise des
Radiodiffuseurs Franklin Huizies (NCRF) Afrique du Sud Vice
président pour l'Est et le Sud de l'Afrique Si accord, Boubou SYLLA
informera les invitées et transmettra les coordonnées des personnes aux
organisateurs Burkinabés
3 - Sensibiliser et éduquer les populations urbaines et rurales aux
enjeux du développement durable - Réalisation d'émissions et de
documentaires dédiés au développement durable.
- Couverture et mise en valeur des actions locales menées dans ce
cadre. Implication des radios communautaires mobilisées sur ces
enjeux par les têtes de réseaux Engagement des Etats
africains Soutien des acteurs internationaux du développement
durable Participation des Radios communautaires et des représentants
de fédérations. Signature de chartes et de convention dès 2010
. Synopsis de Charles
JOSSELIN
LES MOBILITES ET LEURS IMPACTS
L'histoire des migrations se confond
avec celle de l'humanité. Parfois en quête, souvent en fuite, les migrants ont
toujours existé. Leur flux est nécessairement influencé par les contextes
politiques ou climatiques et les situations de crise ; guerres, conflits
religieux, famines. La mondialisation en a élargi le champs et accélère les
rythmes mais le pourcentage des migrants, entendus comme vivant en dehors
de leur pays d'origine est désormais constant : autour de 3% de la population
mondiale.
Phénomène universel, infra ou inter continental. S'agissant de l'Afrique, 86%
des migrations sont infra régionales (le dessin des frontières coloniales peu
sensible aux populations y participe).
Mais en Europe et singulièrement en France, la migration africaine est sur
exposée, surévaluée.
Or, la dramatisation du phénomène par les médias : tragédies aux frontières,
crise des banlieues, parfois faits divers, en déforme souvent la réalité ou
connote négativement l'image du migrant.
Utilisée par certains pour amplifier l'approche anxiogène de la
mondialisation et prôner le repli national, la migration est devenue un thème
sensible du débat politique.
Pour rassurer les français, on a créé un Ministère spécifique qui conjugue
laborieusement les objectifs sécuritaires et le développement des pays d'origine
(et de retour espéré !) En réalité, développement et migrations
s'auto-alimentent mais n'ont pas la même horloge : le moyen et long terme
du développement s'oppose à la pression immédiate de la
migration.
Vouloir tarir le flux migratoire par le développement du pays d'origine est
une vaine ambition mais les migrants peuvent, en effet, contribuer plus
efficacement au développement de leur Pays d'origine.
L'impact financier des "remises" est déjà important, leur impact économique
demeure insuffisant. Quant au rôle politique des migrants il faut pour le
positiver lever certaines ambiguïtés, dissiper certains malentendus.
Mais pour atteindre ces objectifs il faut enrichir le concept de migration
par celui de mobilités et d'abord fluidifier les échanges de personnes en
adaptant la réglementation et en particulier les procédures et la nature des
visas mais aussi réduire le coût des transferts financiers et les sécuriser.
Il faut parallèlement renforcer les cadres d'appui susceptibles de dynamiser
l'apport des migrants :
- Les organisations associatives, dont la structuration mérite d'être
encouragée pour identifier et porter les projets de développement.
- La coopération décentralisée entre ville et région d'accueil et ville et
région d'origine avec le double avantage de contribuer à l'intégration citoyenne
du migrant dans le pays d'accueil, à favoriser le contact des migrants avec les
autorités locales du pays d'origine.
CONCLUSION Dès aujourd'hui, la crise économique mondiale,
demain les changements climatiques ...vont accroître la pression migratoire.
L'implication des migrants dans la vie de la cité d'accueil, leur rôle dans
le développement de leur région d'origine, supposent un accroissement des moyens
consacrés à leur éducation et à leur formation professionnelle - ici et là bas.
C'est d'abord de la responsabilité des Etats, les collectivités locales et
régionales pouvant y concourir.
AU PLAN MULTILATERAL Les agences des Nation Unies et les bailleurs de
fonds multilatéraux ainsi que les institutions européennes devraient pouvoir
consacrer des moyens spécifiques à l'hébergement et à la formation des migrants
pour mieux assurer à cet égard la solidarité internationale et d'abord
celle de l'Europe.
L'Aide Publique au Développement devrait mobiliser des moyens accrus à la
création d'activités industrielles ou de services susceptibles d'attirer des
migrants et profiter ainsi de l'expérience acquise dans les pays d'accueil.
Mais les actions de développement ne sauraient être un moyen de pression sur
les migrants.
Puisqu'il y aura toujours des voyageurs faisons en sorte qu'ils aient de bons
bagages !
___________________________________________________________________________
FMDD de Ouagadougou
recommandations
Session 1 : Le changement
climatique : opportunités et contraintes environnementales, sociales et
économiques
Présidents de séance : Philippe HUGON, Laurent
MAGLOIRE SOME
Même s'il ne faut pas négliger les jeux d'intérêts dans la préparation des
négociations internationales sur le Climat et l'Energie, le principe de
précaution s'applique certes mais les risques climatiques doivent être vus comme
des opportunités.
L'Afrique sera peut-être le continent à subir les plus graves dommages du
changement climatique : la condition déterminante pour éviter le pire est
qu'elle parvienne à parler d'une seule voix. En effet, selon les experts, une
augmentation de 2 degrés centigrade pour la planète représente en moyenne au
moins 4 degrés de plus pour le continent africain.
Toutefois, l'Afrique dispose d'atouts majeurs : ressources naturelles encore
peu exploitées, biodiversité remarquable, ressources hydro-électriques
importantes et en raison d'infrastructures moins polluantes, une flexibilité
dans le choix des modes de développement. Elle a donc, par là-même, la
possibilité de choisir les investissements les plus sobres en énergie, ce qui,
paradoxalement, constitue une garantie pour demain. Mais ces investissements,
prioritairement adaptatifs, ne peuvent réussir qu'avec l'accord et la
participation des populations, ce qui ne va pas sans accompagnement.
Concernant le défi des migrants, qu'ils soient déplacés ou réfugiés
climatiques, la préservation des ressources des territoires concernés implique
la discussion et l'adoption d'un cadre conventionnel pour les nécessaires
solidarités.
Enfin, les recommandations qui suivent impliquent que les préoccupations du
développement durable constituent une des priorités du système éducatif :
1. créer un système d'alerte précoce et d'informations des acteurs
concernés ainsi que des populations. ;
2. préférer les projets et les financements d'investissements ou
d'infrastructures qui privilégient la dynamique de la valorisation des
ressources naturelles et humaine ;
3. financer les capacités de gouvernance et de négociation régionales
afin d'assurer une meilleure représentation de l'Afrique auprès des instances
internationales ;
4. développer les formes existantes de fonds de préservation de la forêt
en tant que bien public mondial ;
5. créer une banque de semences adaptées aux territoires concernés, tant
pour la forêt et les animaux que pour les cultures agricoles.
Session 2 : Les stratégies locales, nationales et
régionales de développement durable en vue de préserver les ressources
naturelles de l'Afrique dans le contexte du changement
climatique
Présidents de séance
: amiral Jean DUFOURCQ et
Arba DIALLO
Après avoir entendu les rapports de 4 intervenants de haut niveau, après les
interventions ciblées de 4 experts des questions régionales et locales, après
les remarques faites par l'assistance, la synthèse a été effectuée par le
Président de séance qui a proposé les recommandations suivantes :
1. Il est rappelé avant toute chose qu'un développement durable apaisé
passe par la recherche obstinée de solutions aux guerres inter-africaines.
2. des ressources partagées doivent faire l'objet de vrais projets
multi-pays sur une base multilatérale
3. Il ne faut pas négliger l'importance du cadre juridique et
fonctionnel pour structurer la prise en compte pratique des exigences
climatiques
4. des échanges très concrets de solidarité directe entre partenaires
territoriaux du Nord et du Sud sont des axes incontournables à privilégier pour
résoudre les problèmes pratiques que rencontre le développement de
l'Afrique.
5. les initiatives locales notamment dans les villes et les cités
doivent servir à déclencher des politiques publiques et des initiatives
étatiques. C'est un mode de processus vertueux recommandé.
6. seul un état des lieux de la déforestation africaine permettra
d'imaginer des options et des stratégies globales de développement durable du
poumon vert africain
7. un appui particulier est demandé à la communauté internationale pour
valoriser rapidement le potentiel solaire et éolien considérable de l'Afrique.
8. il faut créer des conservatoires des richesses naturelles pour les
forêts, la diversité biologique….en prenant en compte les expériences
encourageantes faites en Afrique notamment dans le bassin du Congo
9. les engagements financiers en faveur du développement durable en
Afrique doivent être des ressources réellement mobilisables à loger dans la BAD
au profit du Fonds Africain de l'Environnement. ..
10. des mécanismes financiers appropriés et des appuis techniques
nécessaires doivent être mis en place par la communauté internationale pour
soutenir les pays africains forestiers dans le cadre du REDD
11. de vrais transferts des métiers et des technologies du développement
durable doivent être effectifs pour pouvoir intégrer la transformation des
matières premières au plus près de la production en Afrique. A cet égard, les
orientations du Plan d'Action de Bali doivent être mises en application sans
délai.
12. Il est nécessaire de mettre les ressources rares et critiques à
l'abri des spéculations anticipatrices en imaginant par exemple la création
d'une banque de compensation des réserves naturelles stratégiques de demain
13. les deux priorités africaines pour de développement restent
l'agriculture et l'éducation. L'objectif absolu de l'autosuffisance alimentaire
peut passer par des mesures de protectionnisme continentales temporaires.
L'éducation des africains ; l'éducation des africains au contexte du changement
climatique est une condition nécessaire de leur mobilisation.
14. une position commune africaine consolidée avant Copenhague est un
impératif catégorique
Session 3 : Quelle coopération internationale
avec l'Afrique dans une perspective de développement durable
?
Président de séance : Alain
VALLEE
L'Afrique est un continent riche, riche d'une population jeune,
riche en ressources naturelles. Elle a reçu depuis une cinquantaine d'années une
aide internationale pour amorcer son développement. Malgré cela ses populations
restent dans une situation précaire.
Aujourd'hui, alors que le changement climatique est au centre des débats
internationaux, elle se trouve dans la situation paradoxale où , bien que
continent ayant la plus faible contribution aux émissions de gaz à effet de
serre, il en subira, de par sa situation géographique, les
conséquences les plus lourdes en termes de vies humaines et de développement
économique.
Le moment actuel ouvre l'opportunité de revoir l'organisation de l'aide à
l'Afrique dans un " new deal " qui permettra d'y créer un développement
durable. Ce plan devra profiter de l'expérience passée et répondra
aux nouveaux défis climatiques.
La session 3 a cherché à croiser des projets de développement et l'échelle à
laquelle ces développements seraient le plus pertinent. Il en est ressorti les
propositions suivantes :
1. selon le principe de subsidiarité, le pilotage des projets doit être
toujours au niveau le plus pertinent et le plus proche du terrain.
2. la prévision des instabilités climatiques nécessite de
créer un système de surveillance et d'alerte météo pour anticiper les
catastrophes. Les pays ayant ce type d'organisation doivent aider
l'Afrique à mettre en place un tel système en transférant équipements, logiciels
et savoir-faire. 3. il faut lancer un plan sur l'ensemble du
continent africain pour fournir à tous l'accès à l'électricité. Ce plan implique
des actions à toutes les échelles du continent - régional, national et local.
L'aide financière, l'apport de technologies, seront fournis par les pays avancés
et le partage des expériences entre régions, pays et localités sera une clé du
succès. 4. les pays avancés vont avoir à mettre en place des
systèmes de mise aux enchères des émissions de carbone. Une partie des revenus
pourrait être utilisée pour la construction d'infrastructures en Afrique.
5. le partage des expériences, réussies ou ratées, est une
clé de la réussite des projets de développement. La coopération décentralisée au
niveau local doit être favorisée, entre pays africains eux-mêmes, et aussi avec
des communautés équivalentes dans d'autres pays du Sud ou du Nord.
6. la jeunesse de la population est une ressource essentielle et pour
développer cette richesse qu'il convient d'éduquer. Pour réussir ce
projet tous les moyens de formation peuvent être utilisées et par exemple
en incluant les techniques de téléformation ce qui permet l'accès aux
enseignants du monde entier. .
7. le développement des technologies adaptées au continent africain
passe par l'essor de centres de recherches autour des universités. Des
partenariats avec les universités des pays avancés qui apporteraient un soutien
technique, le transfert de savoir-faire et l'échange d'étudiants sont un facteur
essentiel à la réussite de ce projet.
Session 4 : Les mobilités et leur impact économique, financier et
politique
Présidents de séance : Roland
POURTIER et Martin BIKIENGA
La mobilité est une composante structurelle des sociétés
africaines, notamment en Afrique de l'Ouest. L'émigration extra-africaine, en
particulier en direction de l'Europe, reste minoritaire, mais elle est
politiquement sensible et très médiatisée ce qui fausse les perspectives.
Aux moteurs habituels de la migration - facteurs économiques, sociaux,
culturels, politiques - s'ajoutent désormais les dégradations de
l'environnement. Ces dégradations ont des causes à la fois naturelles et
anthropiques : comment peut-on agir sur les causes humaines ? Quelles
conséquences la péjoration climatique et environnementale exerce-t-elle sur les
migrations ?
L'aggravation prévisible des conditions environnementales et les
risques inhérents à une " migration climatique " posent des défis
supplémentaires, d'autant plus que les populations africaines connaissent une
croissance démographique exceptionnelle qui pèse fortement sur les
ressources.
Les questions liées aux mobilités doivent être abordées à toutes les
échelles. A l'échelle locale et nationale la migration des populations rurales
vers les villes est un phénomène majeur : bientôt la moitié de la population
africaine vivra en ville, ce qui déplace les enjeux du développement durable.
Dans le même temps les espaces de mobilité régionale transcendent les barrières
frontalières tandis que la mondialisation diversifie les flux migratoires. C'est
dans ce système de mobilité généralisée qu'il convient de repenser le lien entre
migration et développement.
Dans ce contexte général, la session
fait les recommandations suivantes:
1 - La nécessité d'améliorer la connaissance de la réalité des flux
migratoires ne serait-ce que pour éviter les fantasmes attachés à la migration.
Un observatoire des migrations permettrait de faire un suivi de ces flux.
2- Le renforcement de la fluidité des échanges de personnes, car il est
illusoire de dresser des murs pour contenir la pression migratoire. A
cet égard ont été proposés, entre autre : - l'établissement de
visas multi-entrée pour les migrants vers l'Europe - la
généralisation et l'amélioration en Afrique du protocole de la CEDEAO qui
établit la libre circulation des personnes (limitée cependant à trois mois).
3 - L'appui aux migrants pour qu'ils soient mis en situation de
contribuer plus efficacement au développement de leur pays d'origine
: - par des actions de co-développement - en
collaborant avec la coopération décentralisée L'exemple emblématique de
Yélimane dans la région de Kayes au Mali a été cité pour illustrer le rôle
positif de la diaspora dans le développement. - en favorisant
l'investissement de l'argent de la diaspora dans des secteurs productifs. Il a
été rappelé que les remises pouvaient représenter jusqu'à 10% voire davantage du
revenu de certains Etats comme le Mali ou le Sénégal.
4- Une meilleure reconnaissance de l'apport de la migration dans les
pays d'accueil. Le " pillage des cerveaux " est dénoncé ; plus concrètement il
est important de reconnaître le niveau de formation des migrants et notamment la
qualité de leurs diplômes.
5- Une action destinée à rendre les transferts financiers moins
onéreux. L'Union Postale Universelle, organe des Nations Unies, pourrait servir
de cadre une telle initiative. Les réseaux de la poste pouvant de surcroît
offrir des services de proximité.
Session 5 : Le développement durable entre
contraintes environnementales, mondialisation et défis démographiques -
énergie, agriculture, forêts, questions foncières,
financement
Présidents : Jean LAMY, Daouda
KONTONGOMDE
Dans chaque secteur, les participants à la session ont été invités à
identifier (1) les facteurs-clés qui déterminent l'évolution du secteur de façon
durable ou non durable, (2) les actions prioritaires à entreprendre pour que le
développement se fasse de façon durable dans le secteur considéré, (3) les
outils à déployer pour la réalisation rapide de ces actions. Ce faisant, les
participants ont été amenés à identifier, dans chaque domaine, les actions de
développement durable qui devraient être encouragées par le dispositif qui se
mettra en place à Copenhague, selon une approche projets et en examinant plus
particulièrement les conditions de financement, les obstacles à lever et les
incitations à créer pour que le développement reste possible, mais de façon plus
durable, dans ses trois composantes - économique, environnementale et
sociale. Dans chaque secteur, les propositions ou recommandations suivantes
sont ressorties de la session :
" Energie / Transport : - Généraliser l'accès à l'énergie,
notamment dans les espaces périurbains et ruraux, - Appuyer les
programmes et initiatives visant à la promotion des biocombustibles issus des
déchets agricoles et par la modernisation des filières de combustibles
domestiques ; - Recenser le potentiel des énergies renouvelables (EnR)
en Afrique, par type d'énergie (hydraulique, solaire, géothermie, biomasse,
éolien…) par exemple via l'élaboration d'un atlas ad hoc ; - Développer
l'interconnexion des réseaux électriques, au niveau des pays et entre les pays
; - Promouvoir des politiques publiques de maîtrise de l'énergie et
d'amélioration de l'efficacité énergétique, dans l'objectif d'un accès de tous à
l'énergie à l'horizon 2050 ; - Renforcer les capacités
institutionnelles, au niveau national, infra-national et sous-régional, pour
accompagner la mise en œuvre des politiques visant à un meilleur accès à
l'énergie et le développement des énergies renouvelables.
" Démographie / Forêt / Agriculture (coton)/usage des sols
: - Valoriser à sa valeur réelle les services rendus à la planète à
travers la gestion durable de la forêt dans les pays du bassin du Congo
; - Avoir une approche territoriale intégrée, avec un portefeuille de
projets, rassemblant, au niveau d'un territoire, l'ensemble des projets
d'atténuation et d'adaptation au changement climatique (< PNUD)
; - Recenser les meilleures technologies permettant une optimisation des
rendements agricoles de façon durable (semences, préservation de la
qualité agronomique des sols, maintien de la biodiversité…) ; - Mettre
en place des politiques intégrées de développement durable au niveau des
territoires, organisant et garantissant en particulier les concurrences dans
l'usage des sols et l'utilisation du foncier.
" Actions transversales / Financement: - Créer un espace mondial
de solidarité pour améliorer la gouvernance globale de l'environnement et du
développement, notamment par une coordination des flux financiers, venant
en complément des flux classiques d'APD, qui doivent être maintenus selon les
engagements pris ; - Mettre en œuvre des mécanismes de conversion de la
dette pour financer des actions de développement durable ; - Recourir
davantage au Mécanisme de développement propre (MDP), et en améliorer les
modalités d'application, notamment pour la gestion durable de la
forêt - Favoriser les opérations inter-agences des organismes des
Nations-Unies sur des projets communs (ex : PNUD, FAO, PNUE) - Examiner
la possibilité de nouveaux financements innovants, de type " taxe Tobin ",
pour atteindre les OMD de façon durable.
Session 6 : Santé, Afrique et
mondialisation
Présidents : Philippe DOUSTE-BLAZY, Seydou
BOUDA
La santé fait partie des droits et du bien-être des hommes. Elle suppose
l'accès aux soins et aux médicaments mais également à l'information, à la
formation, à l'alimentation et à un environnement viable. Il faut parler de
santé globale et de bien public mondial.
La santé est au cœur des OMD, or on a constaté récemment une augmentation de
la mortalité infantile dans 14 pays africains et la crise financière a éloigné
de nombreux pays de la réalisation des OMD.
Il importe de prendre en compte les liens entre l'environnement, les
changements climatiques et la santé. Les problèmes climatiques concernent la
planète tout comme les problèmes de santé ; ils imposent une solidarité
internationale.
Les changements climatiques ont des effets négatifs sur les populations les
plus vulnérables : maladies liées à l'eau non potable, à la pollution, à la
sécheresse, au développement des épidémies…Mais il ne faut pas que la lutte
contre les causes et les effets des changements climatiques se fassent au dépens
des objectifs urgents de lutte contre la pauvreté et d'amélioration de la santé.
Il manque quarante milliards de dollars annuellement pour atteindre les OMD,
chiffre à comparer avec les 5000 milliards de dollars de plan d'appui aux
banques et aux plans de relance des pays développés et émergents.
Les recommandations doivent d'exercer à
plusieurs échelles
Au niveau international
Il faut impérativement que les taxes et financements liés au marché du
carbone visent également à atteindre les OMD en affectant au moins de 20 à 25 %
de ces ressources à la lutte contre la pauvreté et l'amélioration de la santé.
Les financements innovants (exemple de taxes ou des contributions
volontaires sur les billets d'avion mis en place par Unitaid) permettent d'avoir
des financements pérennes, prévisibles en phase avec des actions durables en
termes d'accès aux médicaments et d'appui aux organisations de santé. Les
coopérations internationales impliquant des acteurs publics, privés et de la
société civile doivent être renforcés.
Au niveau national et local
Les actions supposent notamment : - d'intégrer les effets/impacts des
changements climatiques sur la santé dans la planification stratégique
nationale, - l'amélioration de l'accès aux médicaments et au système de
santé mais également à l'information et à la formation notamment pour les
populations les plus vulnérables, - les liens de santé avec
l'environnement : accès à l'eau potable, lutte contre la pollution des villes,
amélioration de l'assainissement…. - la prise en compte des savoirs
locaux et de ses liens avec les savoirs scientifiques, - le renforcement
des capacités des populations, des collectivités locales et des organisations
(capacité individuelle et collective de Amartya Sen)
Il s'agit d'avoir une conception de santé globale, d'agir en terme de
bien-être des populations, d'intégrer les liens entre environnement, formation
et soins mais également d'autres secteurs comme l'énergie notamment pour que les
vaccins et médicaments puissent être bien conservés.
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La contribution du Forum à la
déclaration finale de Ouadadougou
Le développement durable intègre étroitement les aspects
humains, économiques et environnementaux. Selon l'état d'avancement des pays
dans ces trois domaines, la priorité doit porter plus particulièrement sur l'une
ou l'autre de ces trois composantes.
Pour l'Afrique, globalement, il n'y a aucune ambiguïté, le
développement humain doit primer : l'accès à l'eau et à la nourriture, tout
comme l'accès à la santé et à l'éducation sont prioritaires. Ils sont et seront
le terreau du développement économique. Ce qui ne veut pas dire que
l'environnement ne doit pas pris en considération dans le choix des projets de
développement, simplement il n'en est pas l'objectif principal.
Le risque majeur apporté par le changement climatique réside
dans l'accentuation des cataclysmes naturels : sécheresse et pluies diluviennes
désorganiseront une agriculture traditionnelle peu productive alors même que la
population est en croissance rapide.
L'Afrique contribue aujourd'hui de façon marginale au
réchauffement climatique mais, de par sa position géographique, elle sera le
continent qui lui paiera le plus lourd tribut. Il est donc équitable qu'elle
soit aidée dans son combat pour en réduire et en gérer les conséquences
avec, comme priorités, le développement d'agricultures nourricières, l'aide aux
populations des régions les plus vulnérables, la lutte contre la désertification
et la mise en place d'infrastructures pérennes permettant de réduire les dégâts
provoqués par le dérèglement du climat.
Avant de présenter ses propositions, le Forum tient à rappeler
quelques évidences qui sont des préalables absolus à la réussite :
La mobilisation pour le développement humain ne peut
être efficace que dans des régions de paix et d'entraide ; Les
initiatives locales, au plus près du terrain et des réalités quotidiennement
vécues, sont sources de créativité et d'innovation ; elles doivent être
encouragées et accompagnées ; Le soutien de l'aide internationale
doit se focaliser prioritairement sur des projets présentant de solides
garanties de durabilité ; L'engagement ferme et l'implication des
gouvernants des pays bénéficiaires de cette aide internationale sont essentiels
dans la mesure où ils renforcent l'autonomie des institutions de ces pays
; Le partage des expériences, réussies ou ratées, est un moteur
de progrès.
Enfin et surtout, il tient à rappeler que la compréhension des
enjeux du développement durable et l'accès aux connaissances et à l'expérience
de l'humanité sont des armes indispensables dans le combat que mènent les
populations africaines contre une nature instable et difficile à maitriser.
Aujourd'hui, l'Afrique souffre globalement d'un déficit d'éducation et de
formation professionnelle, de l'école primaire à l'université. Ce déficit obère
le développement économique et humain dans un continent où les besoins sont
immenses eu égard à la jeunesse de la population. Le développement durable
s'inscrit dans le temps long et les progrès issus de l'éducation ne sont
sensibles qu'au regard d'une vision générationnelle. Les urgences d'aujourd'hui
ne doivent pas faire oublier ce fait ; un souci majeur de la coopération
internationale doit être d'aider les Etats africains à améliorer l'enseignement
et la formation. L'élévation du niveau éducatif conditionne la réussite des
politiques de développement et entraine un changement des comportements
démographiques, en particulier une baisse de la fécondité, condition nécessaire
à un équilibre durable entre populations et ressources.
Proposition 1 : " renforcer le
dialogue tricontinental Afrique-Amérique-Europe "
Les relations entre l'Afrique et l'Europe sont anciennes,
complexes et étroites ; elles ont été conditionnées par la proximité
géographique et par l'éloignement en termes de développement économique et
humain. Le continent Sud-américain de son côté, qui n'oublie pas la racine
africaine du Brésil, aborde avec dynamisme et créativité les questions du
développement agro-alimentaire et de l'énergie dans la recherche de synergies
Sud-Sud. Les continents Nord-américain et européen de leur côté témoignent tous
les jours de leur implication et de leur intérêt pour leurs Suds respectifs et
notamment pour les réserves de développement durable qu'ils recèlent. C'est
cet ensemble de dynamiques anciennes et nouvelles qui façonne des perspectives
de solidarité et de co-développement à exploiter, dès aujourd'hui, plus
activement. Un forum du développement de l'Atlantique Sud, à l'initiative de
la CDEAO, traitant prioritairement des questions de migration, d'énergie et de
développement durable y contribuerait activement.
Proposition 2 : " instaurer un
dialogue trilatéral Afrique - Asie - Europe "
Depuis une vingtaine d'années, on voit se développer de nouveaux
liens d'intérêts et de développement entre l'Afrique et l'Asie, notamment avec
la Chine. Ce pays où le PIB moyen par habitant est encore relativement proche de
celui de certains pays africains connait une croissance très rapide alors qu'il
est confronté à certaines contraintes similaires : pauvreté, exode rural,
pollution et aléas climatiques frappant durement la production agricole. La
Chine expérimente, met en place des politiques publiques pour surmonter ces
contraintes. Le Forum propose donc d'instaurer un dialogue trilatéral entre
l'Afrique, l'Asie et l'Europe dans lequel les apports de chaque partie
pourraient être enrichis par le partage de l'expérience et la recherche de
solutions compatibles, voire communes.
Proposition 3 : " créer une
dynamique de paix et d'entraide autour du Sahara "
Le Sahara, espace dont le contrôle est partagé entre de nombreux
riverains, est le foyer incandescent du combat de l'homme contre la
désertification. Dans cette région, il n'est nulle place pour un autre conflit
même si les activités illicites et terroristes ont aujourd'hui tendance à s'y
incruster. Le Sahara doit rester une zone de paix et de coopération entre
riverains pour permettre une lutte efficace contre ce fléau qui prive l'homme
des ressources vitales si rares qu'y sont l'eau et la nourriture. Une
initiative politique forte des Etats du Sahel, du Sahara et de l'Afrique du
Nord, rassemblés autour d'un grand projet international, attirerait financements
et compétences pour faire évoluer la gestion des sols afin d'amplifier et de
coordonner la lutte contre les érosions hydriques et éoliennes, de réhabiliter
les terres dégradées et de soutenir les opérations de reboisement. Elle
donnerait une nouvelle dynamique à la Communauté des Etats sahélo-sahariens et
au Comité permanent Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse du Sahel (CILSS).
Elle permettrait aussi de prendre en main collectivement la sécurité de la zone
et d'éviter que ne s'y développent tous les trafics et ne s'y affrontent toutes
les influences.
Proposition 4 : " agir pour une
révolution doublement verte "
La croissance démographique de l'Afrique et l'aggravation des
contraintes climatiques rendent complètement inadaptés les modes ancestraux
d'exploitation des terres. Une révolution doublement verte permettrait de faire
face à l'accroissement exponentiel des besoins tout en préservant le capital
nature : le grand défi de demain consiste à combiner une agriculture hautement
productive avec le respect de l'environnement, dans une perspective d'équité
dans la répartition des productions alimentaires. Cette révolution implique
le développement de Centres de Recherche locaux soutenus par les compétences des
meilleurs spécialistes mondiaux pour élaborer des solutions adaptées aux
spécificités des sols et des climats des différentes régions africaines ainsi
qu'aux conditions sociales et culturelles des populations. Le succès des
révolutions agricoles se bâtit en effet sur la capacité à transférer les
résultats de la recherche aux cultivateurs en évitant des ruptures brutales avec
le tissu social traditionnel. Enfin et surtout, la terre africaine appartient
aux Africains et a vocation prioritaire à les nourrir ; les entreprises
agro-exportatrices ne doivent pas porter préjudice aux productions
vivrières.
Proposition 5 : "irriguer la
ville africaine "
L'urbanisation galopante de l'Afrique place désormais les villes
au cœur des problèmes auxquels sont confrontés les Etats. Leur croissance non
maitrisée soulève de nombreux problèmes sociaux et techniques exposant les
populations à des risques majeurs : risques sanitaires (mauvaise hygiène,
carences dans l'assainissement, pollution, épidémies), chômage, inondations
brutales,... Les capacités limitées de financement impliquent des choix dans les
priorités d'intervention. Considérant que l'eau est comme le sang des
villes, indispensable à la vie et à la santé, le Forum recommande que les
ressources financières disponibles soient affectées en premier lieu à la
construction, à l'entretien et à l'exploitation des installations affectées à la
gestion de l'eau : réseaux d'adduction des eaux propres, d'évacuation des eaux
usées, usines de traitement, stations d'épuration.
Proposition 6 : " favoriser la
gestion partagée des ressources fluviales "
Le continent africain possède une soixantaine de fleuves et de
grands lacs internationaux. Ils sont sources de vie pour les riverains ; mais
l'augmentation de la population et le dérèglement climatique en fragilise les
équilibres. La mise en œuvre au niveau régional d'une gestion partagée est
essentielle. Elle conduira à la réalisation d'infrastructures de régulation des
débits des fleuves, permettra l'extension de l'agriculture irriguée tout en
favorisant les échanges et le développement économique. Le renforcement de
l'aide internationale devrait permettre d'abonder les projets communs
interétatiques en perspective, notamment sur les grands fleuves (Nil, Congo,
Niger, Sénégal, Zambèze,…).
Proposition 7 : " construire les
infrastructures énergétiques nécessaires "
Le développement des villes va faire évoluer la demande en
énergie par concentration des besoins et lutte contre la pollution produite par
l'usage urbain intensif du bois. L'électricité deviendra un vecteur essentiel et
dans ce domaine l'Afrique est dotée de ressources renouvelables importantes ; le
solaire bien sûr, quand il sera prêt, et surtout l'hydraulique ont un rôle
majeur à jouer. Dans le prolongement de la proposition précédente, la
construction de grands barrages sur les fleuves alimentant, par des lignes
hautes tensions, plusieurs pays serait la base essentielle d'une production
électrique qui accompagnerait le développement industriel et l'intégration
régionale.
Proposition 8 : "rechercher une
stabilisation équitable du cours des ressources naturelles critiques de
l'Afrique et créer une monnaie de réserve " matières premières "
L'Afrique est riche de ressources naturelles qui attirent la
convoitise des opérateurs internationaux car nécessaires au fonctionnement des
économies industrielles. Ces richesses seraient gagées, sur la base de
critères équitables liés à leur contribution au développement durable, dans une
Banque de Compensation ; sont concernées, bien sûr, les ressources qui
interviennent dans le cycle du carbone (hydrocarbures, charbon, biomasse,…) mais
aussi les matières premières en voie de raréfaction qui nourrissent la
croissance mondiale : cuivre, tantale, or, cobalt, diamants, phosphates,
uranium… Cette banque, en relation avec le FMI, serait sous certaines
conditions habilitée à délivrer aux Etats adhérents des certificats monétaires
susceptibles d'être annexés à leurs monnaies de réserve. Une taxe de
stabilisation, de type Tobin, sur les transactions financières internationales
des ressources concernées alimenterait le fond de roulement de cette Banque et
lui permettrait d'intervenir pour réguler les cours.
Proposition 9 : " créer un
modèle de développement africain "
Les standards de vie des pays aujourd'hui avancés et le modèle
de développement qui les a produits servent de référence explicite ou implicite
aux autres nations du monde. Or, si ce modèle a apporté de nombreux bénéfices
dont on peut juger par le bien être dont bénéficient les populations de ces
pays, il a aussi montré ses limites et ses défauts, car ayant privilégié la
richesse sur l'humain et sur la nature. Il est issu de la culture des pays où il
a émergé et a pu ainsi en bousculer certaines traditions. Pour réussir son
développement, l'Afrique doit générer son propre modèle tout en évitant les
erreurs du modèle occidental. Ce modèle africain, de façon similaire au modèle
occidental, ne peut être décrété du sommet, mais doit se développer et
s'enrichir par un échange fructueux et la confrontation entre la pensée des
intellectuels et des stratèges politiques d'une part, et, d'autre part,
l'initiative et la créativité de la population sur le terrain. Mais il doit
profiter aussi de la connaissance des forces et des faiblesses du modèle
occidental. C'est pourquoi le Forum insiste sur la nécessité de soutenir
davantage les projets de coopération décentralisée, entre populations,
associations ou collectivités locales. Il propose qu'une partie des fonds levés
abondent des projets de ce type, sélectionnés sur des critères de développement
durable.
Proposition 10 : "organiser la
prévention des accidents climatiques "
Les accidents climatiques, tempêtes, pluies diluviennes,
inondations ou incendies dus à la sécheresse, devraient devenir de plus en plus
fréquents avec le changement climatique et conduire à des catastrophes humaines
et économiques de grande ampleur. Ces aléas sont inévitables mais, selon le
niveau de préparation à de telles événements, les conséquences, en terme de vies
humaines, peuvent être très diverses. Le Forum préconise que, dans le cadre
de l'ONU, soient prises en Afrique un certain nombre de mesures permettant de
faire face à des cataclysmes climatiques ou d'autre nature
: Déploiement en réseau de systèmes d'alerte précoce
; Aide à l'identification des zones vulnérables
; Préparation des autorités et des populations
; Mise en place, sur quelques bases logistiques, de forces
internationales d'intervention rapide, équipées et entrainées.
De plus, ces accidents climatiques, combinés à la raréfaction
des terres arables et la croissance démographique, peuvent conduire à des
poussées migratoires de grande ampleur. De tels exodes sont très difficiles à
gérer et à contrôler. Il est important que les Etats africains mènent
conjointement, au niveau régional, une réflexion pour se préparer à faire face,
avec le soutien international, à des situations qui peuvent très rapidement
devenir très déstabilisatrices.
FORUM MONDIAL DU
DEVELOPPEMENT DURABLE REUNION DES CHEFS D'ETAT ET DE
GOUVERNEMENT
DECLARATION DE OUAGADOUGOU
NOUS, Chefs d'Etat et de Gouvernement, réunis au
Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, le 11 octobre 2009.
" Considérant que la quinzième Conférence des Parties (COP-15) à
la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques constitue
une étape cruciale pour l'établissement d'un nouveau régime climat (post-Kyoto
2012). " Prenant en compte la déclaration ministérielle de New Dehli sur les
changements climatiques et le développement durable à l'occasion de la huitième
Conférence des Parties (COP-8) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques tenue, du 23 octobre au 1er novembre 2002. "
Considérant les grandes orientations de la feuille de route de Bali de
2007. " Prenant en compte la conférence ministérielle sur la santé et
l'environnement en Afrique, tenue à Libreville en 2008. " Prenant en compte
la plateforme d'Alger de novembre 2008, ainsi que la déclaration de Nairobi de
mai 2009 sur le processus africain de lutte contre les changements
climatiques. " Considérant la création de la conférence des Chefs d'Etat
africains sur les changements climatiques par l'Assemblée de l'Union Africaine à
Syrte en juillet 2009. " Considérant les recommandations de la déclaration de
Dakar de mai 2009 adoptée par la conférence des Ministres africains chargés de
la lutte contre l'érosion côtière. " Reconnaissant que les changements
climatiques constituent un défi majeur de l'humanité pour l'atteinte
des Objectifs du Millénaire pour le Développement. " Etant entendu que la
vulnérabilité à la fois à la variabilité du climat et aux changements
climatiques influence fortement les capacités des pays, des individus et des
systèmes de production à atteindre leurs objectifs de développement durable.
" Considérant la fréquence et la sévérité des événements climatiques
extrêmes et leurs effets sociaux notamment les migrations, les conflits et les
problèmes sanitaires. " Considérant que l'énorme potentiel dont recèle
l'Afrique en matière d'énergies renouvelables insuffisamment exploité, peut
satisfaire largement ses besoins énergétiques. " Notant que les importants
efforts consentis au niveau international pour éliminer les substances
appauvrissant la couche d'ozone en rapport avec les changements climatiques
demeurent insuffisants. " Considérant la nécessité pour les pays africains
de saisir les opportunités de financement et d'investissements directs liés au
marché offertes notamment par le Mécanisme pour un Développement Propre
(MDP). " Considérant que l'accès et la mobilisation des financements est une
condition indispensable pour la mise en œuvre des actions d'atténuation et
d'adaptation. " Considérant que la coopération Sud-Sud assure aussi un
transfert de technologies qu'il appartient aux pays africains de renforcer. "
Considérant que le transfert de technologies est reconnu comme une condition
indispensable aussi bien pour les actions d'atténuation que d'adaptation. "
Considérant la décision des Chefs d'Etat de l'Union Africaine relative à
l'application des conclusions du 1er Forum Mondial du Développement
Durable de l'Afrique, tenu à Brazzaville en octobre 2008. " Considérant la
nécessité d'intégrer les groupes vulnérables, notamment les femmes et les jeunes
dans les stratégies nationales de développement durable. " Prenant acte de la
volonté de la communauté internationale de réduire de manière
significative les émissions de gaz à effet de serre et leurs effets sur le
climat. DECIDONS
1. De promouvoir l'intégration de l'adaptation aux
changements climatiques dans les politiques, programmes et stratégies de
développement aux niveaux local, national et régional afin d'apporter une
réponse globale aux défis posés par les changements climatiques et de saisir les
opportunités offertes par ces derniers en termes de développement durable. 2.
De renforcer davantage les capacités des populations et des institutions à
travers l'échange et la promotion d'expériences positives dans le cadre d'un
partenariat capitalisant l'expertise existante et la diffusion des bonnes
pratiques. 3. De soutenir la feuille de route de Bali qui vise à
inclure dans les traités sur le climat post-Kyoto 2012, un mécanisme permettant
de prendre en compte la Réduction des Emissions dues à la Déforestation et à la
Dégradation des forêts (REDD) et plus récemment encore, les négociations
incluant la gestion durable des forêts (REDD+), sous forme de financements
directs des politiques nationales basées sur une approche sectorielle, avec la
création d'un fonds intérimaire spécial principalement alimenté par les
contributions des pays développés. 4. D'accroitre les puits de carbone à
travers un vaste programme de reboisement et de conservation des écosystèmes
forestiers. 5. De faire une réévaluation stratégique du soutien à
l'agriculture africaine avant l'échéance des Objectifs du Millénaire pour le
Développement, en vue d'une gestion durable des terres, des ressources en eau,
des ressources animales et la promotion de l'agriculture écologiquement durable.
6. D'inscrire dans les options d'adaptation, des actions visant le
renversement des tendances à la dégradation des ressources hydrauliques et
terrestres, des bassins fluviaux et lacustres. 7. De lancer un appel pour un
soutien vigoureux à la lutte contre l'érosion côtière en Afrique.
8. De renforcer les capacités locales, nationales et régionales en
matière de gestion des substances appauvrissant la couche d'ozone et la
mise en place d'un observatoire africain sur le mouvement transfrontalier des
déchets dangereux. 9. D'appuyer la position africaine qui plaide pour une
reconstitution substantielle du Fonds pour l'Environnement Mondial (FEM) et pour
le maintien des acquis de la Convention et du protocole de Kyoto, surtout sur
les engagements chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre des
pays développés et l'appui aux pays en développement pour l'adaptation,
l'atténuation, l'accès à l'énergie propre, le transfert de technologie, le
renforcement des capacités et les financements, à travers des projets et
des actions concrètes. 10. De soutenir la prise des engagements chiffrés de
réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 40% d'ici 2020 par
rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés ainsi que l'adoption
d'actions nationales appropriées d`atténuation pour les pays en développement.
11. De lancer un appel pour l'allègement des procédures et l'assouplissement
des conditions d'accès des pays africains aux différents financements y compris
les ressources du Mécanisme pour un Développement Propre afin de favoriser
l'émergence d'une masse critique de projets appropriés. 12. D'affirmer la
position commune africaine qui plaide pour l'assouplissement des
conditionnalités de financement, la rationalisation des fonds, la facilitation
de l'accès direct et rapide aux ressources par les Gouvernements Parties en
développement et la promotion d'un système d'allocation individuelle aux
pays. 13. D'accélérer la création de la facilité africaine pour
l'Environnement au niveau de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour
mobiliser les ressources destinées à l'adaptation et à
l'atténuation. 14. De mettre en œuvre la décision de l'Union Africaine
qui recommandait à la Banque Africaine de Développement d'accélérer les études
de faisabilité du Secrétariat Permanent et du Fonds Africain de Développement
durable. 15. D'insister sur la nécessité du financement du
coût total des Programmes d'Actions Nationaux d'Adaptation (PANA) et de leur
extension aux autres pays africains. 16. D'accorder une attention
particulière à la prise en charge des flux migratoires et la résorption des
conflits sociaux consécutifs aux changements climatiques, à travers la mise en
place de programmes locaux, nationaux et régionaux y relatifs. 17. De
soutenir la production massive d'énergies solaire, hydroélectrique et éolienne
pour couvrir les besoins énergétiques de l'Afrique d'ici 2030. 18. De
privilégier des modes de transport moins émetteurs de gaz à effet de
serre. 19. De promouvoir les modes de production et de consommation durable
dans les secteurs de développement et particulièrement dans l'agriculture, les
transports, la gestion des produits chimiques. 20. De promouvoir
l'utilisation de technologies propres. 21. D'engager rapidement des
négociations pour un assouplissement des conditions d'accès aux technologies
d'atténuation et d'adaptation sous brevets. 22. D'identifier et mettre en
œuvre de nouveaux types de projets susceptibles d'attirer les investissements et
les financements innovants. 23. D'œuvrer à la mise en place d'une agence
internationale d'assurance sur le climat dotée d'un mécanisme de financement
pour la gestion des effets négatifs des phénomènes climatiques, sur la base de
contributions volontaires. 24. De lancer un appel à la communauté
internationale pour soutenir le New Green Deal ou Nouveau Pacte Vert pour
l'Afrique et les programmes de reverdissement et de reboisement de nos
pays. 25. De lancer un appel au pays du Nord pour qu'ils contribuent
davantage à la promotion des énergies à faible émission de carbone et le
transfert de technologies propres, pour soutenir les pays les plus vulnérables
aux changements climatiques, notamment ceux de l'Afrique. 26. De s'engager à
travailler avec le Forum Mondial du Développement Durable, cconformément à la
résolution prise par l'Union Africaine en 2009. DESIGNONS
Le Burkina Faso a envisagé dès 2010 et dans l'accompagnement du
Forum Mondial du Développement Durable de Ouagadougou, la tenue d'assises
financières africaines à même de faire émerger les régulations économiques et
les compensations indispensables à un développement durable du continent.
Encourageons la République du Mali à organiser en 2010 la troisième Session
Africaine du Forum Mondial du Développement Durable. Invitons Son Excellence
Blaise COMPAORE, Président du Faso, à prendre les dispositions nécessaires afin
que cette déclaration alimente effectivement les discussions de la quinzième
conférence des Parties à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques.
Fait à Ouagadougou, BURKINA FASO le 11 octobre 2009
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