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Le nucléaire
peut-il contribuer à un développement durable au Sud de la Méditerranée
? Alain Vallée Directeur au
CEA
Les pays de la rive sud de la Méditerranée bénéficient depuis un certain
nombre d'années d'une croissance régulière moyenne, entre 3 et 6% hors
inflation. Mais la pauvreté, qui s'y résorbe trop lentement, continue à faire le
lit, à la fois, d'un fondamentalisme religieux porteur de dérives terroristes,
et d'une poussée migratoire, qui inquiètent leurs voisins du nord
européens.
Ceux-ci ont pris conscience que les mesures de protection
qu'ils mettaient en place seraient toujours imparfaites et d'efficacité limitée
dans le temps, et que le seul moyen réel de sortir de cette situation était de
les aider à entrer dans un développement durable qui leur apporterait stabilité
et bien-être. De plus, la mise en place, aux portes de l'Europe, d'une zone de
forte croissance, avide de biens essentiels, avec une main d'œuvre à faible
coût, est une manière de maintenir une dynamique qui a réussi hier avec des pays
du sud de l'Europe et aujourd'hui avec les pays de l'est. La conférence
euro-méditerranéenne de Barcelone, en 1995, a initié " un partenariat global
afin de faire de la Méditerranée un espace commun de paix, de stabilité et de
prospérité au moyen d'un renforcement du dialogue politique et de sécurité, d'un
partenariat économique et financier et d'un partenariat social, culturel et
humain ". Enfin, l'initiative française récente d' " Union pour la Méditerranée
" devrait permettre de redynamiser le dialogue entre les pays méditerranéens et
l'Europe.
Pour alimenter la croissance, développer l'industrie et
l'agriculture dans cette région nord-africaine, où le manque d'eau se fait
cruellement sentir, et, bien sûr, faire monter le niveau de vie et de bien-être
des populations, une augmentation des moyens de production énergétique est
impérative, particulièrement dans le domaine de la production
d'électricité.
Si on regarde le bilan énergétique de ces différents pays,
la situation y est très différenciée. Deux pays voisins, curieusement, en
représentent les extrêmes : d'une part, l'Algérie, autosuffisante, utilise
uniquement une partie de sa production d'hydrocarbures, gaz et pétrole, pour
couvrir ses besoins propres, et d'autre part, le Maroc doit importer la
quasi-totalité de ses matières premières énergétiques, principalement du pétrole
et du charbon.
Au-delà de cette variabilité, tous ont depuis longtemps
exprimé un intérêt pour développer de l'énergie nucléaire, et ont pour la
plupart déjà franchi la première étape de familiarisation au-travers de
l'implantation de réacteurs de recherche, généralement utilisés à la formation
et à la production de radioéléments pour la santé.
Malgré cela, la volonté fortement affichée par la France,
ces derniers mois, de les aider dans cette démarche a été largement repris dans
les médias, et y a fait l'objet de commentaires variés, positifs ou négatifs,
montrant ainsi la complexité du problème et les inquiétudes devant la
conjonction de deux sujets sensibles : le fondamentalisme islamique et le
nucléaire.
Si on regarde les critiques majeures portées contre le
développement du nucléaire civil dans ces pays, ils tournent autour de trois
types de craintes :
-
La prolifération nucléaire ;
-
La capacité à maîtriser une technologie complexe
et le risque d'accident ;
-
Le drainage de ressources qui pourraient être
utilisées de façon plus judicieuses.
Le risque de prolifération
nucléaire
Historiquement, il n'y a aucun précédant où le nucléaire
militaire se soit développé à partir du nucléaire civil. Le seul tronc commun
entre les deux filières concerne les matières nucléaires, principalement
l'uranium et le plutonium, dans lesquels se trouvent les isotopes fissiles
nécessaires aux réactions nucléaires. Par contre, le nucléaire militaire exige
un état de pureté des isotopes fissiles sans commune mesure avec les besoins du
civil. Si, donc, un Etat voulait s'appuyer sur un parc de réacteurs pour
développer des armes, il devrait : détourner des matières
combustibles destinées ou issues des réacteurs ; et maitriser les
technologies de conditionnement de ces matières, principalement l'enrichissement
isotopique pour l'uranium, et la séparation chimique pour le plutonium, et les
mettre en œuvre dans des installations dédiées.
Afin d'empêcher un tel scénario, 189 pays ont signé
aujourd'hui le Traité de Non Prolifération (T.N.P.), ratifié en 1970 -seul
l'Inde, Israël et le Pakistan n'ont pas adhéré- et se sont engagés " à ne
transférer [ni ne recevoir] à [ou de] qui que ce soit, ni directement ni
indirectement, des armes nucléaires [...] ou le contrôle de telles armes ". Les
cinq pays (pays dotés), la Chine, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne
et la Russie, qui en 1968 disposaient de l'arme atomique, se sont engagés à
réduire leur stock, sans contrainte temporelle. Le Traité autorisait enfin
l'AIEA à contrôler les matières nucléaires dans les autres pays (pays non dotés)
au travers d'accords de garanties. Au début des années 90, des difficultés avec
l'Irak et la Corée du Nord, tous deux signataires, ont mis en évidence des
insuffisances dans l'exhaustivité du dispositif, qui fut renforcé par un
protocole additionnel fournissant un champ de contrôle plus étendus à l'AIEA, et
auquel, pour l'instant, 58 pays ont souscrits.
Et cependant, malgré des résultats positifs, une crise de
confiance vis-à-vis du TNP s'est développée depuis plusieurs années, d'une part
dans les pays non dotés, qui ne voient pas les pays dotés réduire leur armement,
contrairement à leurs engagements, et d'autre part dans les pays dotés, qui
craignent le développement d'un nucléaire militaire rampant dans quelques pays
non dotés, derrière un prétexte de nucléaire civil.
Le T.N.P. a cependant montré son efficacité au cours de ses
bientôt 30 années d'existence. Le protocole additionnel, qui donne de larges
moyens de contrôle à l'AIEA, rend a priori peu probable la possibilité, pour un
Etat, de développer des armes sans être détecté ; tous les pays du Sud de la
Méditerranée, sauf l'Egypte pour l'instant, sont dans un processus plus ou moins
avancé de signature de ce protocole, qui devra être une condition préalable à la
construction de réacteurs électronucléaires. Enfin, des solutions seront mise en
œuvre, qui permettent d'assurer la fourniture de combustible aux pays ayant des
réacteurs, sans disséminer des technologies sensibles.
La maîtrise d'une énergie
sensible
Le nucléaire civil est un secteur industriel exigeant ; il
intègre de nombreuses technologies avancées, conduit à des installations
complexes à construire et à gérer, et présente des risques sur lesquels les
opinions publics ont une grande sensibilité. Avec l'aéronautique, qui a des
contraintes similaires, cela l'a amené à développer des outils et des méthodes
spécifiques qui ont ensuite diffusé à l'ensemble de l'industrie : citons, par
exemple, l'organisation du contrôle de la sûreté des installations et la
maitrise des risques technologiques, la codification et la normalisation, les
méthodes qualité, l'interface homme-machine. L'ensemble des bonnes pratiques,
qui ont été développées dans le monde au-travers des cinq décennies d'existence
du nucléaire civil, ont été reprises et synthétisées dans les standards
internationaux de l'AIEA ; ces standards servent de référence pour tout pays
voulant accéder à l'usage du nucléaire civil. De plus, l'AIEA propose aux pays
intéressés de signer une convention d'engagement sur les principes
fondamentaux de la sûreté nucléaire ; sur la base de ce référentiel, l'AIEA peut
auditer les organisations de la sûreté nucléaire mise en place dans ces pays, et
leur proposer les améliorations nécessaires. Mais au-delà de
l'organisation et de la connaissance des principes et des règles de sûreté, il
est indispensable de développer une culture de sûreté chez toutes les parties
prenantes, depuis la haute administration, qui doit respecter l'indépendance de
l'Autorité de Sûreté, jusqu'au personnel de l'entreprise en charge du nettoyage
des installations nucléaire, qui doit respecter scrupuleusement les règles de
radioprotection.
Le niveau d'exigence et de rigueur requis par le nucléaire
impose des bonnes pratiques qui sont sources de progrès pour l'industrie
classique : dans le nucléaire, les enjeux de sûreté conduisent à faire la chasse
à toute cause potentielle de dysfonctionnement, qui se payent aussi en perte de
production. Sûreté et productivité vont donc de pair : maîtriser les bonnes
pratiques pour atteindre un niveau élevé de sûreté conduit à maîtriser les
bonnes pratiques pour atteindre un niveau élevé de productivité.
L'assimilation de cette culture prend du temps et doit être
intégrée par tous les niveaux hiérarchiques de l'organisation, autorité de
sûreté, exploitant, entreprises impliquées. Elle ne s'acquiert qu'avec
l'expérience, et c'est là où un partenariat avec un pays comme la France, ayant
un long passé opérationnel dans le domaine de l'énergie nucléaire, peut apporter
un soutien important, et raccourcir le délai de maturation. Il est en effet
possible de créer des échanges de personnel entre les organisations symétriques,
favorisant ainsi l'imprégnation culturelle.
Une mention particulière doit être donnée à l'Autorité de
Sûreté, qui est la garante finale de la bonne intégration des principes et de la
culture de sûreté ; son rôle est délicat, entre le risque d'une approche
bureaucratique et pointilleuse, qui se cache derrière des textes pour fuir les
responsabilités, et le risque de soumission à la pression de l'opérationnel
court terme. Afin d'éviter d'être soupçonnée de tomber dans un de ces écueils,
si ce n'est dans les deux, elle doit, au-delà d'une indépendance
fondamentalement nécessaire, être transparente, tant sur les informations
concernant les opérations des installations que sur ses décisions. Enfin, pour
mener sa mission de façon efficace, son pouvoir de contrôle doit être accepté
ainsi que sa capacité à sanctionner les manquements de l'exploitant aux
règlements en vigueur.
Un investissement judicieux ?
Une des raisons du regain d'intérêt pour l'énergie nucléaire
dans de nombreux pays est le renforcement de sa compétitivité économique contre
le gaz et le charbon, dont l'attrait a été fortement réduit par l'envolée des
cours des combustibles fossiles. Si on considère de plus l'éventualité d'une
pénalisation accrue des combustibles fossiles due à l'émission de gaz
carbonique, le nucléaire apparait pour le moyen-long terme un investissement
pertinent .
Dans un parc de production, les réacteurs électronucléaires
présentent, de plus, des avantages significatifs : ils peuvent
fournir de l'électricité lorsque l'industrie ou les usagers en ont besoin, ce
qui est un avantage par rapport aux renouvelables, leur coût de
production est stable et peu sensible aux cours des matières premières
énergétiques, ce qui est un avantage par rapport au fossile.
Pour les pays du sud méditerranéen, qui veulent voir leur
économie présenter une croissance soutenue, il est nécessaire de ne pas faire de
pari risqué en misant tout sur une seule source d'énergie, même indigène. Le
nucléaire, dans un système de production électrique, est donc un facteur de
stabilité dans la production d'électricité et de garantie contre la fluctuation
de son prix : il favorise donc les investissements industriels en réduisant les
aléas des factures électriques.
Cependant, l'achat d'une tranche nucléaire n'est pas exempt
de tout risque financier : la majeure partie du coût de production, entre 60 et
70 %, porte sur l'investissement initial. La phase de construction est donc
particulièrement sensible, et toutes les précautions doivent être prises pour
minimiser les risques durant cette phase. Les retards peuvent avoir des causes
multiples, techniques, organisationnelles ou administratives. Le choix d'un
modèle éprouvé, d'un vendeur expérimenté, permet de réduire les risques.
Cependant, les risques administratifs pour une première réalisation, ne doivent
pas être sous-estimés : il existe de par le monde de nombreux projets qui ont
retardés pendant de longues années, ou même jamais terminés, à cause de règles
administratives complexes ou inadaptées.
La contribution à un développement
durable
Malgré la diversité de leur situation énergétique, les pays
du sud de la Méditerranée partagent la même volonté de développer le nucléaire
civil pour la production d'électricité et d'eau. Leurs motivations sont
identiques : le nucléaire est un élément de stabilité dans un parc diversifié,
c'est un moyen de tendre vers un niveau de compétence et de maturité
industrielle équivalent à celui des pays les plus avancés, c'est enfin un objet
de fierté nationale. Alors, pourquoi ne pas développer des partenariats
régionaux, comme cela se fit en Europe pour accompagner le développement de
cette énergie ?
Un élément essentiel pour favoriser la mise en place de tels
partenariats entre des pays est l'interconnexion des réseaux. Un réacteur
nucléaire est toujours un nœud de forte puissance, et plus la capacité globale
du réseau est importante, plus il sera facile à intégrer. Suite au sommet
euro-méditerranéen de Barcelone en 1995, un projet de réseau électrique
méditerranéen a été lancé en 2001, avec un soutien financier de l'Union
Européenne. L'interconnexion des réseaux est donc en marche, et les réseaux
marocain, algérien et tunisien sont aujourd'hui synchrone avec le réseau
européen au-travers de deux lignes 400 kV dans le détroit de Gibraltar, et de
lignes en 225 kV entre Maroc, Algérie et Tunisie. La mise en synchronisme avec
les réseaux libyen, égyptien et au-delà, est prévue, avec une partie des
connexions nécessaires réalisées . Le renforcement de l'interconnexion par des
lignes 400 kV entre ces pays serait un facteur très positif pour le
développement de centrales électronucléaires, qui pourraient alors faire l'objet
de co-investissements.
Des liens étroits au-travers d'intérêts économiques communs
entre les différents pays sont un élément essentiel du développement durable de
cette région. L'apprentissage à la maitrise d'une technologie comme le nucléaire
par des partenariats avec des entreprises ou organismes français et européens
sont des facteurs de progrès et de fierté, donc d'adhésion, pour entrainer une
dynamique d'industrialisation réussie.
Mais les aspects humains ne sont qu'une facette du
développement durable ; la deuxième facette concerne l'économie ; on a vu que de
ce point de vue, le nucléaire est un placement à la fois patrimonial et
compétitif, qui s'insère en complément d'un ensemble de moyens de production
d'électricité diversifiés.
Enfin, pour la troisième facette, environnementale, au-delà
de l'absence de contribution à l'émission de gaz à effet de serre, le nucléaire,
correctement géré, est une énergie propre, car les corps radioactifs sont
aisément identifiables et traçables. Une centrale nucléaire produit différents
types de déchets nucléaires qui doivent faire, chacun, l'objet d'une
organisation particulière et de la mise en place d'un exutoire final
: il y a les déchets à très faible activité, par exemple les
vêtements de travail pouvant présenter de légères
contaminations, les déchets à faible et moyenne activité et à vie
courte (moins de 30 ans), qui peuvent être, par exemple, des résidus d'effluents
ou des composants activés par irradiation, et enfin, les déchets
à haute activité et à vie longue qui sont principalement contenus dans le
combustible usé.
Pour les deux premières catégories, il est souhaitable
d'avoir une organisation opérationnelle au moment du démarrage du réacteur. Pour
la troisième catégorie, la plus sensible, car pesant environ 96 % de la
radioactivité générée par un réacteur, il faut prévoir des moyens d'entreposage
de longue durée, afin de laisser le combustible déchargé se refroidir dans des
conditions sûres. Au-delà, plusieurs options peuvent être considérées ; soit
celle du retraitement, qui permet une valorisation des matières énergétiques
encore contenues dans le combustible et réduit le volume des déchets
ultimes de matière significative ; soit celle du stockage définitif du
combustible usé. Cependant, même si les décisions opérationnelles peuvent
attendre plusieurs décennies, il reste nécessaire, pour chaque pays s'engageant
dans la voie nucléaire, de réfléchir et de se préparer à la mise en œuvre d'un
exutoire ultime des déchets à haute activité et vie longue.
Le temps, facteur essentiel de
réussite
L'implantation de réacteurs nucléaires dans cette région du
monde présente donc de nombreux atouts pour contribuer à son développement. Par
contre, on voit très bien qu'une trop grande précipitation dans leur mise en
œuvre présente des risques : coûts échoués, maîtrise insuffisante de la sûreté,
agressions externes…
Il s'agit donc d'avancer de façon organisée et structurée
vers la commande d'un réacteur, et de mener toutes les actions préalables
nécessaires pour prévenir tout blocage ou délai pouvant retarder la mise en
exploitation de la centrale.
Citons, entre autres :
-
la mise en place d'une Autorité de Sûreté indépendante,
et d'un soutien d'expertise ;
-
la mise en place du cadre législatif et réglementaire
;
-
la mise en place des schémas industriels et des schémas
de financement, notamment en impliquant de manière motivante des partenaires
étrangers expérimentés dans les projets nucléaires ;
-
la formation de l'ensemble du personnel des parties
prenantes, et la préparation culturelle ;
-
la préparation des infrastructures : réseau, site, moyens
de transport des composants ;
-
le déploiement d'une communication large et la diffusion
d'informations vers les élus locaux et régionaux, les administrations, les
entreprise et les universités ;
Cette phase préparatoire pourrait prendre en moyenne de
l'ordre de 5 ans ou plus, selon l'état de préparation des pays considérés, et
l'efficience avec laquelle elle est menée serait un bon indicateur de la
robustesse du projet. Il faut ensuite considérer une durée équivalente pour la
construction et le démarrage du premier réacteur.
L'énergie nucléaire est une industrie à cycle très long, et
on voit mal comment une décision arrêtée aujourd'hui de construire un réacteur
pourrait voir celui-ci fournir son premier kWh en moins de 10 ans, même dans un
schéma très volontariste.
En parallèle, pendant cette période, les réseaux se
renforceront, seront plus étroitement interconnectés et verront leur puissance
installée croître. Les unités nucléaires sont des installations de forte
puissance, autour de 1000 MWe, et, à part l'Egypte, aucun des pays considérés
n'a aujourd'hui des puissances installées suffisante pour accepter ce niveau. Il
faut donc attendre au moins un doublement des capacités ; or la croissance de la
demande électrique y est soutenue, entre 5 et 8 % par an depuis de nombreuses
années , avec, dans certains pays, une certaine tendance à l'accélération,
rendant possible la mise en production d'une installation nucléaire à une
échéance de 10 à 15 ans. Un des besoins important de la région, pour assurer son
développement est l'eau. Des usines de dessalement s'y implantent, généralement
utilisant la technique de l'osmose inverse, et donc alimentée à l'électricité.
Cela impose à court terme la construction de nouveaux moyens de productions,
gaz, charbon ou renouvelables, contribuant à l'accélération des capacités
électriques de ces pays et rapprochant ainsi le moment où le nucléaire pourra
contribuer lui aussi à remplir ce besoin.
Une volonté forte, pérenne et
partagée
Les choix énergétiques sont toujours des choix lourds, qui,
par la taille des investissements et la durée de vie des installations,
engagent un pays pour des décennies. Ceci est particulièrement vrai pour le
nucléaire, et donc la volonté politique qui accompagne ce type de projets doit
être pérenne. Ce fut le cas en France, qui bénéficie aujourd'hui d'une
électricité non polluante et parmi les moins chères de l'Europe après plus de 30
ans d'efforts suivis et soutenus par tous les gouvernements. Ce fut au début un
drapeau d'une politique de modernisation du pays, ce qui a favorisé son
acceptation ; c'est aujourd'hui un choix raisonné qui n'est que très
minoritairement remis en cause.
Ce schéma est reproductible dans les pays du sud de la
Méditerranée, à condition que le nucléaire arrive à point nommé :
-
ce choix doit faire globalement l'objet d'un
consensus dans le pays, afin d'éviter des remises en cause coûteuses
;
-
il doit enfin être considéré comme un facteur de
consolidation d'une croissance qui a déjà réduit les tensions sociales, et non
comme le moyen d'amorcer cette croissance.
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