1. Favoriser l’accès au transport.
Le transport occupe une place essentielle dans la vie quotidienne
de millions de personnes : pour travailler, échanger, vivre tout simplement. Non
seulement, il y a une aspiration à davantage de mobilité, mais on observe
l’émergence d’un besoin « d’accessibilité généralisée » qui repose sur une
combinaison de multiples attentes qui conditionnent des types de réponses très
différents de la part des transporteurs et des collectivités locales :
- Pour influer sur les usages de consommation du mode
ferroviaire, il convient de satisfaire le besoin de mobilité de toutes les
générations et catégories sociales de la population. La SNCF cultive une
politique de petits prix et de tarifs adaptés qui la démarque de ses homologues
allemands et espagnols davantage orientés vers le haut de gamme. Ainsi, en 2006,
85% de nos clients ont bénéficié de billets à tarifs
réduits et à tarifs
sociaux.
- En matière d’accessibilité des personnes handicapées,
conformément à la loi du 11 février 2005, la SNCF va engager, en partenariat
avec l’Etat, RFF et les collectivités locales, des moyens financiers
considérables (une enveloppe de 500 millions d’euros pour ce qui concerne
uniquement la SNCF) permettant de rendre accessibles les quais et l’ensemble de
la chaîne de transport d’ici 2015. La SNCF a lancé en mars 2007 le service «
Accès Plus » pour améliorer l’accessibilité de ses gares et faciliter
le
voyage des personnes à mobilité réduite.
- Faciliter l’accès au transport signifie également de
travailler sur un maillage et des connexions performantes, et plus généralement
de développer l’intermodalité. La SNCF et ses filiales (Keolis, Effia…) ont
développé une offre globale et multimodale de services de bout en bout vis-à-vis
des utilisateurs et des Autorités Organisatrices de transport de façon à
renforcer le report modal et l’aménagement des territoires.
2.
Préserver le « bien commun » que représente la planète.
Le mode ferroviaire représente seulement 0,64% (thermique et
électrique) des émissions de CO2 de l’ensemble des transports. La part de ces
émissions a même tendance à baisser depuis quelques années tout particulièrement
au sein de la SNCF, dont il faut le rappeler, 77% de la traction est électrique.
Du fait de ses atouts écologiques (en termes d’émissions de CO2, d’efficacité
énergétique, de préservation de l’espace…), le mode ferroviaire SNCF représente
donc un des leviers d’actions essentiels :
- Les premiers documents de synthèse préparatoires du Grenelle
de l’environnement appellent « un changement drastique de stratégie dans les
transports », un « changement de paradigme », une « logique de développement
intégrée, multimodale, dans laquelle la route et l’avion deviennent des
solutions de dernier recours imposées par l’état des technologies ou la
géographie ».
- L’Agence européenne de l’environnement a publié en février
2007 un rapport détaillant les effets du bruit et de la pollution atmosphérique,
établissant que le mode routier est à l’origine de 93% du total des pollutions
du secteur des transports. Le rapport indique qu’il est donc essentiel que les
considérations environnementales soient prises en compte dans toute politique de
transport.
En conclusion : les enjeux de la
gouvernance.
Les enjeux de la mobilité comme « bien commun » et principal
facteur influant le bien commun que représente « l’état de la planète »
nécessitent de prendre conscience d’au moins trois niveaux et domaines de
régulation :
- Une besoin d’innovation dans les modes de gestion et de
partenariat. Un ensemble de travaux et d’initiatives – comme par exemple la «
Charte des Services Publics Locaux » (initiée justement à l’issue du Sommet de
Johannesburg par les associations françaises de collectivités locales et
l’Institut de la Gestion Déléguée) – ont permis de promouvoir des montages et
des modes de partenariat innovants entre les entreprises et les collectivités
locales (en PPP par exemple). L’objectif est de combiner plus étroitement les
principes de justice sociale incombant plus particulièrement au secteur public
et les principes d’efficacité reposant également sur le marché.
- Le développement durable a remis au centre des débats
l’enjeu de la « soutenabilité économique ». Ainsi, par exemple, le fret
ferroviaire est un mode de transport dont les émissions de CO2 sont inférieures
au mode routier. Cependant, dans certains cas, un train de wagons isolés en zone
interurbaine émet 80 g par tonne kilomètre quand un camion de plus de 25 tonnes
n’émet que 50 g. Choisir d’immobiliser nos moyens industriels dans des zones où
ils ne sont quasiment jamais utilisés ou trop peu, c’est sacrifier notre outil
de production, hors de toute logique économique.
- Plus globalement le secteur des transports a tout
particulièrement besoin d’un dispositif global public de régulation intégrant
des instruments de régulation économique. C’est pourquoi les travaux
préparatoires du Grenelle de l’environnement proposent la création d’un
Observatoire des transports pour évaluer les émissions selon une méthodologie
commune et permettre ensuite l’affichage obligatoire des émissions de GES des
prestations de transport, un schéma national des nouvelles infrastructures de
transport ou encore l’affectation de nouvelles fiscalités aux transports
alternatifs à la route et à l’aérien prenant mieux en compte les coûts
externes.